le voyage d'un bateau partit pour les Iles
Mercredi 10 avril 2013. Il est 6 heures 20, je me sors du lit, oui de la bannette pour les inconditionnels de la Mer et des bateaux. Une petite houle fait danser Exocet, le ciel est partagé entre nuages et ciel bleu, c’est incertain pour la journée. Je prépare mon bateau à la navigation qui est prévue pour rejoindre la Dominique.
Je dois aller à terre pour envoyer un mail pour le blog, mais il me faut attendre que le café qui offre la connexion, soit ouvert. Je saute dans l’annexe alors qu’il est 8 h 30, je vois Mar Léna qui appareille, le faux frère, il avait annoncé son départ pour 9 heures 30.![]()

Je me retrouve au bistro du centre ville qui est le premier à lever le rideau, il y a là les habituer du matin. Je m’installe à l’intérieur pour avoir une bonne connexion, mais aussi une bonne visibilité sur l’écran de l’ordinateur et envoie le doc que j’avais terminé la veille au soir. Certains des clients sont avec une tasse de café devant eux, alors que d’autres sont avec le décollage, le décollage c’est un ti punch avec moins de citron, moins de sucre, un rhum agricole blanc, sec, pour décoller il n’y a pas mieux. Je regagne mon bord, prépare le départ, Philippe lui aussi est opérationnel il a fait la sortie du bateau au syndicat d’initiative qui propose ce service, il y a rencontré Gilbert qui lui aussi voulait faire les formalités, mais sans ses lunettes il était en difficulté, aussi Philippe a rempli pour lui les documents à faire. Nous allons donc partir tous les trois ensembles, pour faire route de conserve. Conserve est un terme qui était utilisé à l’époque de la marine en bois pour dire que les bateaux naviguaient ensemble, pour pouvoir s’appuyer les uns sur les autres, se sauvegarder, communiquer, ils n’avaient pas de VHF encore à cette époque. Ils naviguaient de conserve. Ainsi Exocet sera en compagnie d’Ha Doc de Philippe, de Kia Ora de Gilbert qui navigue avec sa compagne Marie rose mais que l’on appelle Marie tout court.

L’objectif est de rallier Roseau en Dominique, c’est l’île au nord de la Martinique, nous prévoyons 7 à 8 heures de navigation. La sortie de Martinique est sous le vent de la montagne pellée aussi nous naviguerons au moteur un moment, jusqu'à avoir un vent établi qui nous permette de voguer juste avec nos voiles. Le canal de la Dominique est comme tous les canaux qui séparent les îles, sujet au courant, à la houle ; La météo nous prévoit 2 mètres de creux moyen, la navigation se fait au pré, pas un pré dés plus serré mais avec la houle cela s’annonce sportif. Heureusement que le mousse n’est pas à bord. Il se serait accroché à un winch suppliant que l’on mette le moteur.![]()
La navigation se passera ainsi, du calme pour le départ, des grains de pluie par moments, puis le vent rentre, une moyenne de 20 Nds, avec des calmes mais aussi des risées jusqu'à 30 Nds. J’ai établi la grand voile à deux ris, je roule ou déroule le génois en fonction du vent, l’essentiel se fera avec deux ris dans le GG. A notre arrivée aux abords de la Dominique un couple de paille en queue vient nous saluer et nous souhaiter la bienvenue.

A 16 heures, Exocet est a une bouée de corps mort devant Roseau capitale et ville dans le sud de l’île, les fonds sont très rapidement prêts de la côte trop profond pour y jeter l’ancre facilement, sans risque de ne pouvoir la remonter si elle croche dans le bric à braque qui peut y avoir par le fond. Les corps morts sont faits à la sauvage, par des locaux qui vous escortent depuis le large et vous aident à la manœuvre, bien sur ce service se paie mais ce n’est pas exagéré, et cela fait vivre Pancho le « Boy man » qui offre aussi différents services, d’approvisionnements, d’excursions, et de taxi par Mer, ou à terre.
J’ai donné rendez-vous à tous les équipages, pour un apéro à bord d’Exocet à 18 heures. Je prépare pour l’occasion des toasts, du pain du bateau avec du saint Moret, une demie olive verte fourrée au poivron, et un tour de moulin de sel pimenté, bien agréable. A l’heure dite les trois équipages rallient le bord. Hubert et Farida de Mar lèna, Gilbert et Marie de Kia Ora, Philippe de Ha Doc. Chacun les bras chargés pour participer un peu au moment de partage. Ce sera un Ti Punch pour tous et un suivant pour les plus courageux, je ne dirais pas de qui il est question. A 22 heures tout le monde avait regagné son bateau respectif.

Jeudi 11 avril : levé à 7 h 30 après une bonne nuit, toute fois un peu houleuse, cela m’a réveillé, j’ai eu du mal à retrouver le sommeil ensuite. Je prends le petit déjeuner dehors, pour profiter du paysage, des belles conditions de la météo. Je plonge dans l’eau qui est bien claire et attirante, la profondeur m’empêche d’aller voir à quoi est reliée la bouée qui assure la tenue d’Exocet, il y a 27 mètres d’eau sous le bateau. Mais nage un bon moment en bordure de côte, j’ai plaisir à voir que les pollutions sont rares, alors que la bordure littorale est un peu zone.
A 9 heures Philippe me prend à bord de son annexe pour que nous allions faire la Clearance, (les formalités de Douane et immigration) ce n’est pas le plus agréable dans le voyage de faire cela mais c’est un parcours obligatoire, résignons nous à garder le sourire, la courtoisie, et la bonne humeur, car dans le cas contraire cela peut prendre des proportions insoupçonnées. Cela à bien durée une heure et nous a couté 6 EC dollars. (C’est la monnaie commune à toutes les îles des Antilles indépendantes). Pour faire simple cela fait 2 euros.
Nous nous baladerons dans la ville, de par les rues principales mais aussi les autres, c’est charmant, un peu détérioré, mais pas sale pour autant, les gens sont sympathiques, avenant, nous n’avons aucune craintes, et passerons une très agréable matinée, nous mangerons dans un petit restaurant en dehors de ceux qui sont pour les touristes. Nous y mangerons une côte de porc grillée avec un assortiment de crudités arrosé de deux bières cela ne nous coûtera pas 10 euros par personne.

A 15 heures nous avons regagné nos bateaux, j’envoie le pavillon de courtoisie que j’ai ramené de mes emplettes du matin et je peux affaler le pavillon « Q », il signifie que le bateau n’a pas fait la Clearance.
Le pavillon de courtoisie c’est le pavillon du pays visité que les bateaux doivent envoyer à tribord sous la barre de flèche (pour les voiliers) sur un mâtereau (pour les bateaux à moteur).
Je reprendrais un bon bain à la découverte des fonds, des poissons, des coraux, des éponges.
A 18 heures nous sommes tous invités sur Kia Ora pour le Ti Punch.
Encore une soirée bien cool et sympa.
Elle est bien agréable la vie d’un retraité aux Antilles sur son bateau.