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    Mes escales Capverdiennes.

    Chapitre 4: Santiago

     

    Santiago est la fin de mon périple en solitaire c’est ici que me rejoindront deux copains (Pierrot et Didier) qui veulent faire l’expérience de la traversée de l’Atlantique. Je voulais bien sur ne pas manquer le rendez vous aussi je suis arrivé bien avant leur vol qui est programmé pour le vendredi 30 à minuit. Je me devais de faire l’approvisionnement d’Exocet le plein de gasoil, et les derniers préparatifs. Une semaine complète pour tout faire devrait être bien suffisante avais-je considéré. Ce qui me laissait du temps pour faire une visite de l’ile une fois prit mes marques ici. Le premier jour en arrivant je tente de faire les formalités de police mais ce sera remis au lendemain le chef n’étant pas dans les locaux, il me faut revenir le lendemain matin.

    Mes escales Capverdiennes 4 

    Je profiterais d’être à terre pour monter au Plato qui est le centre ville et la ville historique. Je gravis la côte qui m’y conduit, jette un coup d’œil sur Exocet qui est tout seul dans le mouillage, j’en suis un peu surpris mais c’est ainsi. La ville a encore bien des similitudes avec d’autres contrées ou les Portugais ont régnés, les mêmes façons de paver les rues et les trottoirs avec ces milliers de pavés bi colores, noirs pour l’ensemble et blancs pour des motifs plus ou moins élaborés.

    Mes escales Capverdiennes 4

    Mes pas me conduiront derrière le palais de la présidence en bordure de la falaise qui domine la rade, la plage et la grande artère qui suit le front de Mer.

    Mes escales Capverdiennes 4

    Ensuite je passerais devant la caserne qui est encore utilisée  des canons de petits calibres sont alignés au devant et les gardes veillent sur l’accès.

    Mes escales Capverdiennes 4

    Des soldats qui nous donneraient bien envies de rempiler !! Vous vous demandez pourquoi je dis cela, alors en faisant un zoom voila ce que cela donne, je n’avais pas de compagnon de chambrée de ce genre du temps ou à Orange je faisais mes classes mais c’était il y a des lustres et pas ceux qui pendent au plafond habituellement.

    Mes escales Capverdiennes 4

    Plus loin au derrière de la caserne il y a là aussi de vieux canons qui avaient le contrôle de la rade les corsaires ne si sont pas aventurés les temps ont changés les pirates sont fondus dans la population et ne s’attaquent pas aux villageois mais aux touristes qui ce jour là                         étaient nombreux un immense navire de croisière ayant lâché pléthore de proies potentielles qui comme moi parcouraient la ville.

    Mes escales Capverdiennes 4

     

    Une fresque murale a retenu  mon attention je vous l’offre.

    La promenade me conduira sur une place ou en cyber café à une magnifique Terrasse qui est bien prisée.

    Mes escales Capverdiennes 4

     Les uns font des parties d’échec, d’autres jouent aux dames, certains se contentent de boire diverses boissons.

    Ensuite je ferais une visite du marché comme décrit sur le guide il rappelle l’Afrique.

    Mes escales Capverdiennes 4

     

    C’est une joyeuse cohue forte en cris, en couleurs, en odeurs.

    La place principale elle est très agréable un peu de verdure l’agrémente et des petits métiers l’animent, cireurs de chaussures, cordonniers, couturiers installés avec sa machine à coudre à pédale comme celle de ma grand-mère, et des vendeurs de friandises que l’on peut acheter à l’unité comment peut vivre une femme qui vend 10 ou 15 bonbons dans la journée ? Mystère.

    Mes escales Capverdiennes 4

     

     Et ainsi se termine ma promenade je rentre sur Exocet,

    demain sera un autre jour...

     

    Mes escales Capverdiennes 4

    Nous sommes dimanche, c’est un jour ou rien n’est ouvert sur le platô aussi je me décide d’aller en excursion avec les bus qui assurent un service aléatoires en fonction du nombre de passager. Je fais l’expérience en me donnant comme objectif de relier Tarrafal dans le nord de l’ile pour y voir le mouillage et la petite ville qui au dire du guide est intéressante. Je me rends donc dans la zone d’où partent ces minibus, ils sillonnent l’avenue et le chauffeur crie par sa vitre ouverte sa destination à  toutes les personnes qui sont stationnées sur les trottoirs dans une position d’attente, Tarrafal Tarrafal Tarrafal. Un autre personnage par la porte latérale en fait de même, mais lui n’hésite pas à sauter du véhicule encore en marche pour aller tirer par la manche les gens qui semblent intéressés. Tant que le minibus n’est pas plein comme un œuf il fera ainsi des allers et retours sur l’avenue.

      

    Mes escales Capverdiennes 4

    Nous partons tous les sièges ont un passager une planche faisant office de strapontin relie les sièges dans le passage cela fait deux personnes en plus sur les banquettes à l’avant des trois places on installe quatre voyageurs, ainsi je compte nous sommes vingt passagers au départ.

    Je profite de ce voyage pour voir l’intérieur de l’île bien plus verte que celle ou j’ai fait escale jusqu'à présent la banlieue et les villages traversés paressent bien misérables mais c’est leur façon de vivre, rares sont les maisons qui ont un crépis ou couverte de parements, les parpaings sont maçonnés à la va vite, les piliers de bétons quant il y en a n’inspirent  que peu de confiance, les fenêtres ne comportent  pas souvent de vitre, seul des volets garantissent  contre des intrusions.

    Mes escales Capverdiennes 4

     

    Au fil du parcours les passagers descendent à leur demande et sont remplacés très vite par d’autres qui d’un signe manifestent leur intention de faire un bout de chemin.

    Nous arriverons à destination en fin de matinée après avoir changé de bus  et refait le processus de remplir les sièges et plus encore dans une ville dans les hauteurs Figuera das Naus.

     

    Mes escales Capverdiennes 4

    La ville est endormie, pas de monde dans les rues, quelques enfants qui jouent, des chiens faméliques qui sont allongés de ci de la. Les rues ne sont que de terre battue, une place avec    l’église, un marché, quelques boutiques, mais pas bien plus. Je continuerais ma promenade jusqu'à la plage. 

    Mes escales Capverdiennes 4

     

    Mes escales Capverdiennes 4

    Les barques des pêcheurs sont tirées à terre et décorent joliment la plage. 

    Mes escales Capverdiennes 4

      

    Mes escales Capverdiennes 4

    La coopérative des pêcheurs et elle aussi joliment décorée comme les peintures des barques qui sont soignées ces gens ont un gout artistique, et sont respectueux de leur cadre de vie. Ou du moins un peu plus que dans Praia ou les rues sont  sales comme l’ensemble de la nature qui subit bien des pollutions. 

    Mes escales Capverdiennes 4

    Cet artisan lui produit ses bijoux lui-même sur la plage il faisait des colliers j’ai discuté un long moment avec lui. Je l’ai trouvé très sympathique, il aurait bien aimé que je lui laisse un peu de ma fortune mais sans avoir suivi les cours de vente, il était bien plus naturel.

    Mes escales Capverdiennes 4


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  • Mes escales Capverdiennes.

    Chapitre 3: Maio

    Pour rejoindre mon escale suivante sur l’ile de Maio il ne faut pas trainer au lit
    c’est bien avant que le soleil ne sorte de sa couche nocturne que dans Exocet
    c’est l’effervescence tout l’équipage est réveillé, oui ça ne fait pas grand  monde. Les préparatifs à l’appareillage sont sans tarder exécutés.

    A 6 h 30 le bateau trace son sillage, la grand voile est déjà établie à un ris, un quart d’heure plus tard le tangon est en place il tient le génois bien déployé au vent. La ligne de traine est à l’eau il fait juste jour c’est une heure favorable pour la pêche.

    Mes escales Capverdiennes 3

     

    7 h 13 un poisson est déjà à bord. 7 h 25 le N° 2 rejoint son cousin, 7h 35 la prise N° 3 se joint au groupe. Une autre et elles pourront faire une belote. Mais non se sera calme sur la jupe arrière pour un moment. Je croise un petit bateau de pêche il est 8 h puis une raie mais une raie énorme saute derrière Exocet pas loin de 2 m d’envergure, magnifique mais ne renouvellera pas d’autre saut il ne fallait pas avoir manqué le spectacle. J’aurais encore deux départs sur la cane mais les poissons se décrochent. Je m’octrois l’autorisation de boire une bière mais je casserais le verre encore vide c’est le N° 2 bof ce n’est pas une avarie majeure je sors du placard un  remplaçant. Et déguste sur le pont un moment de détente.

    10 h 15, j’ai un bateau devant moi petit bateau de pêche pro ou sportif je ne sais pas dire. 10 h 25 il va bien sur mon tribord pas de risque.

    Mes escales Capverdiennes 3

     

    11 h je suis à la hauteur de la sèche de Joao Valente j’aperçois au loin les vagues qui éclatent en gerbes d’écume impressionnantes. 30 minutes plus tard, là c’est un thon jaune qui vient compléter les prises du jour.

    14 h30 une bande dauphins vient à l’étrave ce sont de gros spécimens avec un ventre tacheté de rose et des moustaches blanches plus ou moins prononcées. Ils resteront un long moment l’un d’eux a surement voulu croquer l’octopus de la ligne car la ligne a chanté comme jamais encore elle ne l’avait fait puis plus rien la ligne a cassé emportant tout le bas de ligne agrafe, émerillon, fil d’acier, leurre, tout a disparu.

    Je vois distinctement la terre mais je n’ai pas encore la connexion GSM, je lève le tangon et peux prendre une route qui me rapproche de mon mouillage prévu, les dangers de la côte sont passés maintenant. Il sera 17 h que je serais en approche finale, et à 18 h 15 Exocet est au mouillage de Porto Ingles par 7 m de fond j’ai mouillé 40 mètres de chaine et mis la gueuse.

    Mes escales Capverdiennes 3

    Je ne suis pas seul au mouillage mais c’est comme si, il y a un bateau voilier ancien type Joshua immatriculé au cap vert mais personne à son bord, une petite vedette de 6 mètres également sans personne à son bord, puis un bateau de pêche de 12 mètres avec là quatre hommes en préparatif, ils partiront à la nuit. Je ne débarquerais pas sur cette île cela était impossible sur la plage ou les vagues déferlées en rouleaux impressionnants, et le long du Wharf cela ne m’inspirait pas bien plus. Je repartirais pour l’ultime étape de Praia sur Santiago dans la matinée je n’ai que quatre heures de mer à envisager.

    *Photo tirée d’une publication promotionnelle du Cap vert


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  • Mes escales Capverdiennes.

    Chapitre 2: Boa Vista

     

    Après les quelques jours passés sur Sal, de bonne heure un matin
    j’appareille pour faire de jour la route qui va me mener sur Boa vista. J’y arriverais un peu avant que le soleil ne plonge dans l’Océan. Exocet est mouillé dans 5 mètres d’eau transparente comme du cristal le prétexte d’aller voir l’ancre
    n’est pas un sacrifice bien loin de cela même, l’eau est à 25° centigrade les
    poissons sont déjà le long de la chaine et de l’ancre pour profiter des
    mouvements qui ont occasionné quelques petits bouleversements sur le sable du
    fond et y trouvent là pitance.

     

    Mes escales Capverdiennes 2

     

    Exocet n’est pas seul sur ce mouillage je compte 17 bateaux à  mon arrivée, nous sommes un peu loin du village ¾ de mille mais c’est la que c’est le plus confortable entre l'ilot de Sal Rei et la grande plage au Sud de l’agglomération.

    Le lendemain j’irais à terre pour une visite rapide du bourg. Là aussi les vendeurs vous accostent avec la même stratégie, il doit y avoir des écoles de commerce qui forment tous ces vendeurs. Les produits sont les mêmes, un d’eux m’assure qu’il produit lui personnellement ces objets, mais quand je lui demande de voir son atelier cela devient confus

    • "c’est au village"
    •  "Pas de problème" lui dis je, "j’ai le temps amènes moi."
    •  " Le village ce n’est pas ici."
    •  " Arrêtes tu me racontes des mensonges, tu vas avoir ton nez qui va grandir," "grandir sans fin."

    Il m’a pris pour un sorcier, a eu peur je crois et a avoué que c’était fabriqué au Sénégal dans des centres d’apprentissage pour enfants, fabriqué à la chaine chaque enfant faisant continuellement la même tâche.

     Encore une forme d’esclavage moderne. Bon dieu quand finira cette liberté de faire faire à des hommes qui ne sont que des enfants souvent, des tâches qui ne leur permettent à peine de vivre pour enrichir d’autres qui affichent bagues chaine bijoux d’or montre et téléphone dernier cri et fringues de marque, sur la sueur d’enfants, de frères, de cousins...

    ce monde m’écœure.

    La libre entreprise, l’offre et la demande foutaise, l’homme est un loup pour l’homme la richesse des uns est due au servage des autres et puis c’est tout.

    Le lendemain j’irais faire le tour de l’île face à la bourgade, là rien! la nature un point c’est tout! Les hommes ont bien établi un phare avec une cabane pour abriter les gardiens mais c’était en d’autre temps, une batterie avec ses canons pointés sur la rade et aussi abandonnée ce n’est qu'un vestige.

     

    Mes escales Capverdiennes 2

    La végétation y est très minimaliste et les quelques restes de vie d’hommes sont absorbés par le temps, enclos pour chèvres, possibles clôtures de cultures mises à bas, sentiers encore visibles sous la végétation. Plus de chèvre, pas vue de gibier, ni de traces de terrier, de pétoulet, rien, deux corbeaux m’ont escortés un moment, un épervier a survolé la batterie de canons, quelques petits  échassiers se sont envolés au devant de mes pas, genre bécassine mais c’est tout.

     

    Mes escales Capverdiennes 2

     

    Les seules traces de vie moderne se sont les milliers de laisser de Mer qui polluent les côtes. Plastique, bouteilles, flacons de lessive et autres produits, chaussures de mousse genre Tongs, jamais par paire, bidons et mille autres détritus. Des campagnes de nettoyage ont du être entreprise car par endroits, il y a de grands bag comme ceux que les marchands de matériaux utilisent  pour livrer du sable en déchargeant avec les grues des camions, mais ils sont restés sur place brulés par le soleil éventrés laissant repartir ce qui a patiemment été ramassé. Je n’ai pas fait de photos, pourtant c’est la une forme d’art moderne qui pourrait se vendre à des milliardaires pour décorer leur salon.

    Mes escales Capverdiennes 2

    Je ferais aussi un peu le tour des récifs avec masque et tuba pour voir une autre forme de vie, des poissons de récifs les mêmes que ceux des Antilles mais petits, trop petits pour être chassés, pas vue une seule langouste alors que le guide m’annonce que c’est une richesse de ses eaux, cela a été pillé avec tant d’application que même sur les marchés ce produit a disparu. Au profit de qui ?

    Que d’amertume me vient à l’esprit, les hommes ont fait d’un paradis une zone de non droit, tout est bon pour faire du fric, sur le dos des autres, personnes pour entretenir les espaces verts, les rues, les trottoirs, tout part à volo et les gens sont là sans occupation, pas de culture, pas de plantation, pas d’élevage, on prend sans vergogne à son voisin, à ses amis, aux touristes de passage...

    là c’est le summum de la réussite.

     

     


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  • Mes escales Capverdiennes.

    Chapitre 1: Sal

     

    L’île la plus au Nord-est de l’archipel du Cap vert est Sal, Ilha do Sal en
    portugais langue officielle malgré que le 5 juillet 1975 toutes ces îles ont
    obtenu leur indépendance en se détachant de la tutelle Portugaise.

    Sal avec son port pour le commerce et les ferrys sur la côte sous le vent de l’ile dans la petite ville de Palmeira abrite également un mouillage assez grand pour les bateaux de croisière à voile en escale, qui y font comme Exocet,relâche
    quelques jours avant de partir soit vers le Sud en direction de Boavista,
    Maio, Santiago
    .

    D’autres iront vers l’Ouest pour rejoindre Sao nicolau, santa luzia, sao vicente, santo antao. Il y a également sur cette île un Aéroport international qui est très utilisé pour les arrivées des familles qui rejoignent ici les bateaux. Le débarquement sur un petit bout de quai qui sert aux pêcheurs locaux n’est pas des plus confortable, mais cependant bien abrité, les annexes sont réunies en grappe sur un unique anneau en ferraille scellé dans le béton. Il faut se rendre dans le bureau de la police locale qui enregistre votre arrivée, mais il est obligatoire d’aller à l’aéroport pour faire viser les passeports.

    Là, vous vous ferez arnaquer par les chauffeurs des taxis ou des minis bus qui assurent le service. Je ferais toutes ces formalités ce qui me prendra quasiment la journée. A l’aéroport pendant que je patientais un couple de touriste m’explique qu’ils se sont fait agresser sur une piste où avec une voiture de location ils visitaient. Deux individus, armés, cagoulés, leur ont dérobé tout ce qui avait de la valeur, argent, bijoux, appareil photo, ordinateur. Bienvenue au Cap Vert.

     

    Je ferais une invitation à l’équipage de Rusée de Jersey pour mettre à profit les poissons pêchés pendant la fin de la traversée, une soirée sympa et conviviale.

    Nous nous raconterons nos traversées respectives, parlerons des projets et des envies...

     

    J’ai aussi fait un tour des bateaux Français qui étaient nombreux dans ce mouillage pour échanger un peu, ainsi le bateau le plus proche d’Exocet était un Feeling 446 il était dans l’attente d’un équipier qui devait arriver le lendemain puis ensuite il partait pour Mindelo sur Sao vicente et de là partir pour les Antilles sans attendre.

    Mais l’équipier ne sera pas dans l’avion prévu il n’arrivera que le lendemain.

     

     Cela me donnera l’occasion de revoir encore l’équipage, de prendre des renseignements, d’avoir les bons tuyaux et les sites à aller voir. J’ai aussi rencontré un couple sur un Moody, ils sont novices dans la voile mais bien motivés. Eux attendent de la famille pour Noël puis iront aussi aux Antilles mais donc bien plus tard, il se trouve qu'un autre ami de rencontre que j’ai connu à las palmas m’avait parlé de ce couple qui avait racheté son ancien bateau.

    le monde est petit. Du coup, j’ai été invité pour un apéro puis été retenu pour le repas encore une soirée sympa à bord de Argos cette fois...

     

    J’ai fait l’excursion à la ville principale de l’ile dans le sud, Santa Maria, en utilisant les transports collectifs un peu folkloriques. La ville n’a pas un grand intérêt, la plage est l’atout essentiel avec des beaux rouleaux qui font la joie des surfeurs mais qui rendent les débarquements en annexe périlleux, pourtant il y avait là une dizaine de voiliers au mouillage assez loin de la plage mais tout de même bien mal menés.

    J’ai pris plaisir à boire une bière sur la plage dans un lolo bien typique où les tables sont d'anciennes bobines pour des câbles, et les parasols rafistolés avec des fils de fer. Où la toile a par endroit complètement disparue. Je serais dix fois abordés par les vendeurs de souvenir, ils ont tous la même technique bien rodée, vous abordent avec la langue que vous parlez ils sont forts dans cet exercice, puis vous invitent à venir visiter leur exposition juste pour le plaisir des yeux, ensuite vous demandent ce que vous trouvez le plus joli puis vous demandent si vous pouvez en donner un prix puis tous vos arguments sont démentis avec bien de la maitrise.

    • Je suis sur un bateau je n’ai pas de place.
    •  Pad ploblém je fais l’expédition direct 
    •  Je n’ai pas assez d’argent.
    • pad ploblém je prends li zéros

    • J’ai déjà acheté ailleurs.
    • Alo tu dois aussi prendre pour faire travailler Pierre, Paul, Jacques. 
    •  Je fais la solde aujourd’hui,
    • Je fais le discount spécial t’es le premier client.
    • Et Je dois payer le loyer.

    Si encore les objets étaient quelques peu originaux mais non d’une boutique à l’autre c’est exactement les mêmes et chacun prétend les fabriquer lui-même.

    J’aurais de retour avec moi, la tortue emblème du Cap vert, la porteuse d’ananas, et la mère et l’enfant mais aussi le collier porte bonheur.

    La décoration du bateau est assurée...

     


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  • Cap ouvert sur le Cap Vert.

    Troisième partie

      

    A un peu plus de midi je suis à mi parcours 400 milles de parcourus et 400 pour être arrivé en trois jours et deux heures je suis dans les temps envisagés, mais en lâchant les chevaux je serais surement bien plus loin mais pas de regrets, l’idée de faire route avec Rusée était sympa, et choses appréciables il est équipé de la BLU (Radio longue portée) qui lui permet de joindre par mail Régine, qui de ce fait aura la position d’Exocet à peu prés tous les jours que nous avons naviguer côte a côte. Et par la suite la position de Rusée qui lui permettait de déterminer celle d’Exocet avec une petite incertitude, mais avait les conditions de vent, de Mer rencontrée, ce n’est pas rien.

    Ah si j’avais eu un téléphone satellite en état de marche à bord !!!

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

     

    A 19 heures le soleil est bien loin dans son lit pour la nuit, la journée bien que belle n’a pas permis de refaire le plein des batteries, le matin le bateau gite à l’ouest, les panneaux ne reçoivent pas directement les rayons, plus tard le soleil a pris de l’altitude, mais les voiles répandent leur ombre, et là pas de charge, ou très peu, puis en fin d’après midi, l’exposition est bonne mais les nuages  sont là pour filtrer les rayons solaires, donc je n’ai pas l’énergie pour faire la nuit, aussi je n’ai que le moteur pour faire tourner l’alternateur qui me restituera des Watts, il me faudrait un hydro-générateur pour ce type de parcours. Faire tourner le moteur deux heures alors que le bateau file a 7 Nds y a de quoi mettre les boules.

     Mais je me réjouis d’avoir installé le booster de charge qui me donne un rendement correct, alors que sans lui la production électrique était faible et courte dans le temps. (je pense à Richard pour son aide)

    Dans la nuit le vent monte encore d’un cran, c’est 25 Nds que m’annonce l’anémomètre et toujours vent arrière, le bateau file 7,5 a 8 Nds donc nous avons plus de 30 Nds et la Mer s’en ressent, les vagues dues au vent sont maintenant impressionnantes, par endroit elles déferlent en longues bandes blanches sur l’océan avec le bruit qui les accompagne, je suis éclaboussé de grosses gouttes  d’eau dans le cockpit, cela est un avertissement qu’il ne faut pas négliger, je mets les panneaux de la descente et tire le capot au cas ou une de ces furies voudrait s’inviter à bord sans me demander un avis favorable.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

    (La plage de Porto inglès sur Maio)

    La nuit se passera sans passagères clandestines qui ne s’invitent à bord. Mais je ne regrette pas la protection prise en fermant le bateau même si cela complique bien pour les allers et venues sur le pont pour inspecter les horizons, la Mer, le vent, la voilure, la marche du bateau...

    A 6 heures  au levé du jour, l’AIS m’informe de la présence d’un bateau dans mon 285° pour 12,5 milles faisant une route au 220° à une vitesse de 2,5 Nds c’est cette vitesse faible qui attire mon attention je me demande ce que peut être un bateau qui n’avance pas plus vite, l’AIS me donne pour information : (Navire non maitre de sa manœuvre) en  « English » : (vessel not under command)

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

     Il s’appelle : Yannis P. c’est le nom du fils de mes voisins de Nîmes, des gens charmants, comme ce Yannis en question qui est poli, respectueux, gentil, bien élevé, comme l’on dit couramment.

    Je le surveille de prés, mais cela semble réel, car il ne bouge que très peu, puis  je suis à sa hauteur, je ne le vois que de très loin derrière l’horizon. Je tente de le joindre en VHF sur le 16 (canal de sécurité que tous les bateaux doivent écouter) il m’entend, me répond, je lui demande s’il lui est possible de me donner la position de Rusée qu’il a peut être sur son radar, mais il me demande de patienter, ce que je fais, mais il ne me rappellera pas, ne répondra pas à mon appel suivant ? Je n’aurais pas de nouvelles de Rusée.

    J’ai maintenant parcouru les deux tiers de la route, la pression atmosphérique remonte, le vent baisse un peu je me demande si : 1. Je lève le tangon, 2. Je mets plus de surface à l’avant ?

    Mais je décide d’attendre la confirmation de l’accalmie.

    Je suis plus à l’ouest que la route tracée sur mon ordinateur, je trace une nouvelle route à partir de ma position, il n’y a pas une grande différence mais c’est ma nouvelle route à suivre. La Mer c’est bien un peu arrondie, le confort à bord s’en ressent, me voila en croisière, à l’extérieur au soleil avec un bouquin pour occuper le temps. Psitt..!!! psitt...!!! la ligne chante il est 17 h 13, 10 minutes plus tard une belle Coryphène de 80 Cm pour 3 Kg est à bord, à 18 heures elle est écaillée, vidée et au frigo.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

     

    19 heures 11 minutes, Exocet a couru les ¾ de la route, le vent oscille au tour de 15 Nds, je renvoie un peu de toile dans la grand voile, je m’étais aperçu qu’une poulie de pied de mât, celle du deuxième ris, avait subi bien trop de tensions que ce qu’elle pouvait supporter, le réa c’est cassé en coinçant le bout qui ne voulait plus aller et venir dans ces conditions, après avoir débloquer cette manœuvre, remplacé la poulie, les choses sont à nouveau en bon ordre de marche. Je me félicite intérieurement d’avoir à bord un peu de matériel pour faire face à ce genre de petites avaries qui ne sont rien si l’on a de quoi remplacer ou réparer, mais dans le cas ou rien n’est à bord comment faire face ?

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

    (La plage de Porto inglès sur Maio)

     

     Encore une fois avec la fin de la journée les batteries ont besoin d’un peu de charge et c’est le moteur qui pour deux heures est en route. Les conditions étaient les mêmes qu’hier. Il n’y a pas d’espoir de voir la lune de toute la nuit, le récepteur AIS est en veille mais n’a rien à me signaler, le détecteur de radar lui aussi fait un total silence, il n’y a personne sur cette route je m’octroie des périodes de sommeil plus longues. Le bateau est bien plus confortable les vagues se sont bien arrondies, Exocet file. File oui mais trop vite à cette vitesse nous allons arriver de nuit aussi je réduis la voilure au maximum pour garder la bonne marche du pilote mais les vagues vont plus vite que le bateau et chacune d’’elles soulèvent l’arrière, couchent Exocet sur son tribord la suivante en profite pour venir frapper la coque par le travers c’est le shakeur à bord pas possible de dormir, je vois les feux sur l’ile, ceux de l’aéroport, ceux des villes, ceux du port mais je ne veux pas tenter une arrivée de nuit dans ce mouillage j’attends le jour. La pêche du jour a été fructueuse, trois coryphènes à bord, 500g, 600g et 2 Kg 2.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

    (l’âne, moyen de transport écologique)

     

    Deux autres n’ont pas accepté mon invitation à bord et ont repris  leur autonomie, une pourtant est venue jusque sur la jupe mais cela ne lui a pas plu elle est repartie. Quelle crâneuse celle-la. J’ai aussi ramené à bord un puffin mais je n’ai pas réussi à le décrocher dans de bonnes conditions, aussi j’ai mis fin à sa douleur en même temps qu’a sa vie, pardonnes moi l’oiseau de t’avoir ainsi pris ton existence pour rien.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

    Une heure du matin je commence a être à l’abri de l’île, la Mer se calme mais je ne dormirais pas il se peut qu’il y est des cassiers, des filets, ou je ne sais quoi, je dérive beaucoup pour ne pas être trop prés de la côte, réduis ma vitesse tant que je le peux, et reste en alerte, si j’avais lâcher les chevaux plus tôt les jours passés je serais arrivé avec la fin du jour et à cette heure je dormirais bien tranquille au mouillage mais c’est ainsi il est des fois ou l’excès de prudence est une imprudence.

    Avec le jour je rentre dans ce mouillage bien balisé, bien éclairé  rien ne justifiait de prendre tant de précautions. Faute de champagne, je m’octroie une Argus bien fraiche. (Bière  frappée dans un verre qui sort du frigo).

    Bilan : 25 heures de moteur, 5 jours 21 heures et 20 minutes de trajet, 5,7 Nds de vitesse moyenne. Il me reste un peu de travail à bord pour que tout soit en état pour les navigations à venir mais rien de bien sérieux. Le pilote hydraulique a fait son travail durant ces 800 milles sans faiblir je suis content de lui comme de mon bateau.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 3

    Quelques jours de repos au Cap vert, à la fin du mois il y aura pour toi Exocet une belle navigation à faire encore, mais là nous serons trois à ton bord, pour te servir, tu vas te régaler, et aller où tu as tant espérer d’aller, tremper ta quille. Dans la Mer des Antilles.

    A l’heure où je termine ce texte cela fait 9 jours que je suis arrivé. Mais les heures devant l’ordinateur ne m’ont pas paru la chose primordiale à faire. Aussi pardonnez-moi de vous avoir ainsi un peu délaissé. Mais je pense bien à vous toutes, à vous tous, je vous embrasse affectueusement, respectueusement, fraternellement, amoureusement, selon la hiérarchie de nos rapports.

     De Praia sur l’île de Santiago au Cap Vert.

    Le 23 novembre 2012 à 21 h 55 heure locale.

     

     


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    Cap ouvert sur le Cap Vert.

    deuxième partie

      

     

    A 5 heures du matin, je note une timide reprise du vent, mais j’attends pour remettre sous voiles que cela se confirme, pour ne pas manœuvrer pour rien de nuit de plus. Je n’ai pas perdu Rusée de Jersey de toute la nuit, avec le moteur, cela m’était bien plus facile de calquer ma vitesse sur la sienne.

    6 heures 45, avec le jour naissant, le vent bien que timide est bien là.

    Mon anémomètre indique 10 Nds de vent de derrière plus ma vitesse de 5 à 6 Nds. il y a 15 Nds de vent dans la bonne direction, cela recolle avec les prévisions. Je rétablis une voilure, en gardant bien en dessous que ce que pourrait supporter Exocet, mais encore pour garder le contact avec Rusée je ne dois pas toiler de trop. Avec le jour je peux me rapprocher de mon compagnon de route, pour voir comment la nuit c’est passé pour eux. J’ai la vitesse pour le faire et de plus je peux tangonner le Génois au vent. Il travaille mieux, le bateau est plus confortable. Un Tanker que je vois venir vers nous depuis bien des milles avec l’AIS va nous croiser et cela va me permettre de mieux pouvoir déterminer la distance qui me sépare de Rusée.

    Le  « Gréta Selmer » passe à 4,3 milles  d’Exocet au moment où Rusée est entre nous donc je peux estimer la distance qui nous sépare à environ deux milles.

     

     

    Le point de la situation après 24 h de Mer me donne 120 milles parcourus, 680 milles de mon atterrissage sur l’ile de Sal, nous sommes à 100 milles des côtes Africaines, nous avons tenu les 5 Nds de moyenne c’est peu pour Exocet avec les conditions que l’on avait.

     

    Fin de matinée le vent faibli, je prends un bain à la traine du bateau, en m’accrochant a un long bout que je ne dois  pas lâcher bien sur, cela fait un massage tonifiant excellent.

    Le « Cape glory » passe à 9 milles de moi sur mon tribord, la aussi c’est l’AIS qui me donne l’information, la technique a du bon car de visu je ne distingue que quelques espars qui doivent être des mâts de charges ou des grues mais je ne peux le préciser, alors de la à lire un nom.

    A 13 heures  je remets le moteur le vent fait encore défaut mais la Mer elle est bien formée, il doit il y avoir du vent pas bien loin pour lever une Mer comme cela. Un contact en VHF avec Rusée me permet d’apprendre les soucis auxquels ils ont fait face, mais maintenant tout va bien à  leur bord, c’est Karl le jeune et sympathique équipier qui est à la barre pour le plaisir de faire courir le bateau de vague en vague, en essayant de franchir ces bosses qui couvrent l’Océan en privilégiant les cols plutôt que les sommets.

    16 heures 15 je coupe le moteur il y a de nouveau les 10 Nds de vent qui sont le minimum syndical sur cette Mer pour Exocet.

     

                          Rusée de Jersey manœuvre aussi je vois la chaussette du spi qui est hissée, mais le spi ne sort pas de ce carcan, pour quelle raison ? Finalement c’est le génois qui fleurit dans le triangle avant de mon compagnon de route, et comme pour Exocet, le tangon est en place, pour obliger la voile à rester tendue pour prendre le maximum de l’air de ce faible vent.

    La fin de cette après midi se passera ainsi, nous naviguons de conserve à peu de distance l’un de l’autre. A la tombée du jour les feux de navigations étant allumés je peux voir où est mon acolyte, du moins dans quelle direction, pour la distance l’évaluation est plus empirique et moins précise. A

    u milieu de la nuit le vent ayant un peu forci et aussi légèrement modifié sa course dans un mouvement de roulis qui est du à la Mer houleuse que nous subissons, la grand voile empanne brusquement, bien sur comme c’est le cas lorsque l’empannage n’est pas contrôlé c’est violement qu’elle passe d’un bord sur l’autre. La retenue de bôme que j’avais en place n’a pas su éviter cet empannage et elle c’est bloquée dans une poulie, je me mets au travail pour remettre les choses en ordre ce qui me prend un moment mais je ne constate pas de casse alors, file Exocet, file.

    Rusée est derrière moi pas très loin mais un mille ou un mille et demi surement.

    A quatre heures du matin je note sur le livre de bord, le levé de madame la Lune, le vent est bien établi et si ce n’est que la Mer est bien forte pour le vent que l’on a, tout est parfait pour naviguer.

    Au jour naissant, je prends un ris dans la grand voile pour que Rusée puisse revenir un peu sur Exocet.            

    A 9 heures je note qu’il est dans mon sillage à 1 mille environ mais le vent lui prend un peu plus de force et à nouveau la distance qui nous sépare augmente peu à peu. Je fais empanner la grand voile et enlève le tangon du génois pour ne pas aller trop vite mais en respectant un angle de sécurité avec le vent pour ne pas avoir de risque d’empannage intempestif et involontaire qui avec la Mer forte et croisée n’est pas évident. Par deux fois la retenue de bôme a cassée dans des empannages involontaires.

    11 heures 20 je note que Rusée est bien revenu sur moi et il coupe mon axe à 300 mètres environ je vais avoir plus de facilités à le contrôler, c’est ce que je crois alors. Je ré-empanne pour me mettre sur la même amure que lui, je prends un deuxième ris dans la grand voile et tangonne le génois au vent.

    A 16 heures nous nous sommes encore écartés l’un de l’autre il doit être à 5 milles d’Exocet par le travers à tribord je ne peux pas modifier ma route sans à nouveau faire un empannage mais j’imagine que c’est lui qui va revenir sur la route aussi j’attends.

        (Les routes du Cap Vert sont Pavées.)

     17 heures et 17 heures 15 je tente de le joindre en VHF (radio) pour connaitre ses intentions avant que la nuit n’arrive, mais je n’ai pas de réponse, pour quelle raison ? Vas savoir il se peut qu’il est coupé son poste volontairement ou accidentellement. Je ne peux savoir, la nuit s’installe et je ne vois pas son feu de tête de mât pourtant bien haut au dessus de l’horizon.

    20 heures j’inscris sur le livre de bord le franchissement du tropique du Cancer.

    La nuit est noire comme de l’encre, la mer est remplie de phosphorescences que les vagues et le sillage d’Exocet procure en brassant le planton qui s’illumine de reflet jaune et vert fluo. C’est un spectacle merveilleux, constamment renouvelé.

    J’aperçois une lueur au delà de l’horizon, je n’ai rien sur l’AIS ? Plus tard je vois un feu rouge sur mon bâbord, comme le dit le moyen mémotechnique, Rouge sur rouge rien ne bouge, mais c’est un gros cargo il devrait apparaitre sur mon écran de L’AIS.

      

    (Photo Un Spot de prédilection pour le kitesurf.)

    7 heures le matin le jour s’installe, le vent est resté stable toute la nuit, cela continu, je suis un peu sous toilé pour le vent que j’ai, mais je caressais ainsi l’espoir de revoir Rusée, ou de l’entendre en VHF mais non  je ne le reverrais plus de la route qu’il nous reste à courir. Je mets de l’ordre dans le bateau, fais un peu de ménage, prépare mon troisième repas de bonite, comme je l’ai toute profitée, je mets à l’eau la ligne pour si possible reprendre un poisson.

     


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  • Cap ouvert sur le Cap Vert.

    Première Partie

     

    Me voila sur les derniers milles qui me séparent encore de mon arrivée sur l’ile de Sal, où j’ai choisi de faire ma première escale sur cet archipel du cap vert, pour deux raisons.

    La première étant que nous avions décidé avec un bateau Canadien de faire route de conserve, pour nous épauler si besoin était.

     la deuxième raison étant que c’est l’île la plus proche de notre point de départ.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    La météo pour les jours à venir nous prévoyait des vents portants sur l’ensemble du trajet, sans qu’ils ne soient trop forts, nous augurant d’une navigation rapide, directe, sans avoir à manœuvrer sans cesse. Mais la mer nous réserve bien sur son côté aléatoire, ses courants contraires mais aussi ses grains sous les nuages.  

     Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    (Photo d’une petite Cap verdienne)

     

    Nous avons convenu d’un départ dans la matinée du jeudi 8 novembre aux alentours de 9 heures. Rusée de jersey puisque c’est le nom de ce bateau avec lequel nous avons déterminé cette navigation est fin prêt, il n’a besoin que de faire le plein d’eau à la marina avant le départ. Yves car il porte le même prénom que moi, passe saluer Exocet une fois son mouillage relevé, pour s’assurer que de mon coté, rien de fâcheux ne m’est arrivé depuis la veille, que tout est également prêt à bord. Il rentre au port, dès que son plein est réalisé, il me le fait savoir pour qu’a mon tour, je remonte mon mouillage. Depuis le matin, je me préparais à ce départ, les écoutes du génois étaient en place, je les retire lorsque de quelques jours elles ne vont pas êtres utilisées, ainsi elles se reposent à l’abri du raguage contre les haubans, sans subir non plus les ultraviolets  qui ne leurs font pas du bien. J’avais repris aussi une petite longueur de la chaine d’ancre, pour dégréer le lest de 12 Kg que j’accroche à cette chaine, de manière à ce qu’il amortisse, les rappels que la chaine inflige au bateau à chaque fois qu’elle se met en tension.

     

    Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    (Carte de l’archipel du Cap Vert)

    Puis comme il y a au moins 6 jours de navigation, il est préférable de ne pas avoir l’annexe à l’arrière sur la jupe, cela facilite la baignade matinale quand cela est possible, mais aussi pour la pêche, qui doit apporter son complément à la cambuse d’Exocet, donc l’annexe à était dégonflée, pliée, rangée dans la soute.

    J’avais aussi la veille du départ fait une purge du vérin hydraulique du pilote, car il en avait besoin, et je voulais pouvoir le tester sur un long parcours avant le départ pour les Antilles qui s’approche maintenant.

    Lazzi-bag de grand voile ouvert, sécurité anti déroulement involontaire du génois enlevé, l’ordinateur en route avec la route à suivre de tracé, la radio VHF sur le canal 16, prête à aller sur le canal 69 que nous avons choisi pour nous parler. Enfin tous les préparatifs à l’appareillage sont faits...

      

    9 heures 45 minutes, moteur en route, Rusée sort du port, je remonte le mouillage d’Exocet, c’est pratique maintenant, depuis que j’ai installé une commande du guindeau sur le pupitre de barre. Je peux ainsi seul, effectuer la remontée de chaine, en même temps que je dirige le bateau pour ne pas faire forcer le moteur de ce cabestan, qui est indispensable sur un bateau du poids d’Exocet. Il y a encore un petit problème difficile à régler, c’est que la chaine une fois passer par le barbotin (Poulie qui emprisonne les maillons de la                         chaine  pour y tirer dessus) la chaine libre tombe dans la baille à mouillage, mais forme un tas, qu’il faut de temps à autre basculer, pour faire la place pour la chaine à venir. Donc tous les dix mètres environ il me faut aller à l’avant pour faire cela mais deux à trois fois suffisent alors faisons avec.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    (Rusée de Jersey au mouillage a Arrecife.)

    Je passe saluer le bateau Eléna pavillon Allemand des amis de rencontre, nous avons bu quelques verres de vin rouge ensemble, sur Mar Léna autre bateau Allemand dont j’ai déjà parlé, d’Hubert & Farida qui sont partis la veille pour le sud de Gran Canaria. Je rejoins Rusée qui remonte dans le grand bassin du port de commerce le temps de ranger à son bord les amarres et les défenses (Pares battages) avant de ne sortir de l’abri des digues de porto de la luz las Palmas de Grand Canaria, je n’ai pas à faire comme lui, aussi je mets face au 15 Nds de vent Exocet pour hisser la grand voile, je laisse le premier ris pris, pour ne pas aller trop vite par rapport à mon compère, qui est plus petit, donc moins rapide sur l’eau.

    Puis je le prends en chasse pour comme prévu le garder devant moi pour ½ à 1 mille en me calant sur sa vitesse. Nous faisons un petit slalom entre les gros Tankers et cargos qui sont au mouillage devant le Port et la ville avant d’avoir route libre. La houle nous rejoint à quelques centaines de mètres du port. Le vent est bien établi comme le donnait les prévisions en direction, en force il est un peu au dessus, mais cela s’explique par l’effet de venturi que les reliefs de l’île génèrent en déviant le vent autour des montagnes, ce qui accélère le flux d’air.

     Rusée choisit de ne pas envoyer beaucoup de toile, il assure comme cela en étant à l’ abri des surventes. Mais je n’avais pas anticipé cela aussi avec juste la grand voile qui n’est pas entière je suis déjà trop rapide.  En bordant un peu plus que ne le voudrait l’allure je règle le problème, mais le bateau n’est pas équilibré, la barre est plus sollicitée qu’il ne le faudrait le bateau fait des zigs et des zigzags. Je juge que surement il mettra plus de toile une fois dégagé de l’île mais il se colle en terre alors que je ne peux suivre cette route pour cause de bateau mal équilibré. Je le garde en vue cependant, une fois fini l’île nous aurons bien de la Mer à courir. La ligne de traine n’est à l’eau que depuis quelques minutes qu’une bonite s’invite pour le repas a bord D’Exocet, bien venue.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    Nous voila en bas de l’île ou presque je vais modifier ma voilure le vent est moins fort, effet Venturi, je déroule un bout de génois, qui derrière la grand Voile ne travaille pas mais remet le bateau sur ses rails s’il s’en écarte, sa faseye, sa claque, c’est pas bon, ni pour lui, ni pour le bateau qui roule sur la houle croisée que nous subissons, je tangonne le génois, mais là je vais trop vite, je prends le deuxième ris dans la grand voile, bon on va y arriver oui.

    Rusée est là, Je suis à ses basques, il manœuvre à son tour, ce choix de faire route ensemble est difficile à appliquer. Au coucher du soleil je suis gratifié de l’offrande que me fait cet astre sous la forme d’un rayon vert, pas aussi puissant qu’un autre que j’ai encore bien présent en mes souvenirs mais c’est de bonne augure pour la nuit à venir.

    Cap ouvert sur le Cap Vert 1

    (la photo n’est pas au moment du rayon vert)

    Cela fait  une demi heure que le moteur ronronne, le vent nous ayant abandonné avec le couché du soleil, comme la Mer est bien forte en rapport le confort n’était plus suffisant à bord, avec le moteur c’est un peu mieux mais sans plus. Cette disparition de l’alizé fait mentir les prévisions que nous avions pour les jours à venir. Je ne m’en inquiète pas outre mesure, car il n’est pas rare qu’au couché, comme au levé du soleil le vent change, ce qui ne devrait pas être le cas avec l’alizé mais là je n’ai pas encore bien mes repères.

     

    Le vent nous fera faute toute la nuit, je peste un peu d’avoir du faire tourner la mécanique pendant toutes ces heures, nous attendions des conditions favorables et voila que les prévisions à courte échéance se révèlent erronées quand sera-t-il au long des six jours qu’il faut envisager pour courir ces 800 milles ?

     

     


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  • Faire le canard sur Gran Canaria

     

    Faire le canard signifie ne rien dire, ne pas commenter, ne pas en rajouter, je ne serais donc pas long sur les commentaires qu’auraient surement mérités cette ile, Capitale de l’archipel.

    Depuis qu’Exocet est au mouillage devant cette grande ville avec buildings en front de Mer, circulation abondante, et tout ce qu’une grande ville se doit d’offrir à ses habitants, sans oublier ce qu’il faut aux touristes nombreux dans les multiples hôtels, ou de passage depuis les bateaux de croisières, qui tous les jours, réglés comme sur une partition, déversent une multitude de clients potentiels, pour toutes les formes de commerces, qui n’ont rien à envier aux grandes villes de notre patrie.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    A l’image de ce ciel percé de quelques gloires, la météo n’a pas été bien bonne mais, je sais que les froidures automnales se sont déjà fait ressentir par chez  nous  dans le Languedoc, cela a eu pour conséquence que je ne me suis absenté du Bateau, que le temps de brèves escapades à terre.

    Bien sur j’ai parcouru le front de Mer, une promenade bien aménagée pour les promeneurs, les cyclistes, mais bordée par une voie, telle une autoroute, trois voies dans les deux sens de circulation, très peu de passage pour permettre aux piétons de traverser. Cela la rend un peu déserte quel  que soit l’heure de la journée. C’est bien dommage, les Urbanistes se sont un peu plantés sur cette réalisation.

     Je vous laisse juger de cela.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Là nous sommes en bordure du port de plaisance qui n’est accessible que par un escalier, une rampe pour vélos et piétons, et un passage sous la voie rapide pour les véhicules.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Plus loin, le port en fond c’est complètement inutilisé. J’y ai croisé de rares cyclistes qui profitaient de la piste cyclable pour y faire des chronos. De là je voyais cette plateforme de forage en entretien de l’autre côté du port qui est immense, cela  me rappelle une période de ma vie sur ces structures semi submersibles à chercher au fond des Mers le pétrole. Mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Il y en a deux ici sur lesquelles jours et nuits des hommes travaillent pour remettre en état ou y  apporter des modifications.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Tout au bout il y a cette structure avec ces équipements pour la forme des joggeurs du matin. Mais inutilisé à cette heure chaude de l’après midi, 30° à l’ombre et  il n’y a pas d’ombre.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Les rues du centre elles non plus n’étaient pas courues par les chalands.

    Je suis rentré sur Exocet pour terminer la journée, je n’ai vu de la ville que des commerces des enseignes internationales.

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Au matin ce magnifique navire école de la Marine Chilienne L’Esméralda est entré au port, tout l’équipage des cadets alignés sur le pont, salués par quelques bateaux qui ont joué de la corne de brume. En arrière plan vous voyez un de ces monstres des Mers capables d’embarquer 3000 Croisiéristes et pas moins de 1500 à 2000 personnels pour servir ces touristes, ils ne sont à bord que pour de nuit faire des courtes navigations, alors qu’ils sont dans les restaurants ou dans leur cabine pour dormir, à moins que ce soit devant des bandits manchots (machines à sous) dans le Casino du bord.

    Au matin ce sera un autre port un autre endroit mais finalement ce sera partout la même chose. Il en faut pour tous, les gouts et les couleurs, à chacun de voir. Mais je les vois de mon avis comme des gogos, a se faire plumer à chaque escale, qui ne leur laisse le temps que de faire un des programmes prévus en supplément à  la croisière, ou ils seront emmenés  par car entier, visiter tel ou tel site, avec passage à la boutique des souvenirs, authentiques made in Corée, China, ou autres pays d’Asie.

     

    Faire le canard sur Gran Canaria

    Je n’ai pas eu la possibilité de prendre une voiture de location pour faire un tour de l’ile, cela ne m’aurait  pas déplu mais bon, la sécurité du bateau a bien prévalue, ce sera pour une autre fois, si autre fois il y a.

    Demain jeudi 8 novembre nous avons prévu de lever l’ancre à deux bateaux (Rusée de Jersey et Exocet) pour descendre plein sud en direction du Cap Vert pour rejoindre l’ile de Sal. Je resterais bien silencieux pendant 6 ou 7 jours le temps de faire les 800 milles qui nous faudra courir.

     


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  • La longue route

    Inexorablement, l’horloge tourne, le temps passe, les jours défilent, nous ne pouvons qu’en faire le constat au quotidien. Nous avons tourné la page du mois d’Octobre comme cela sans un bruit, sans une rumeur, sans un regret. Cette page sur le calendrier de la cabine était illustrée de la photo de notre petit fils  avec son sourire retenu et ses yeux profonds il me faisait le premier clin d’œil du matin.

    Je ne peux pas faire autrement que d’en illustrer ce propos qui pour une fois ne racontera pas par le détail des aventures de Mer mais en lieu et place les sentiments que cette condition choisie de départ pour vivre un rêve. Le temps, météorologiquement  parlant, n’est pas formidable depuis maintenant bien des jours, il ne me permet pas de faire mon programme voulu, sachant que je n’avais tracé expressément que les grandes  lignes pour justement m’adapter aux conditions du vent, de la Mer, et de tous les paramètres qui régissent notre planète.

    Je suis sur le point d’écourter le séjour Canarien par choix, car il y a choix à faire : soit dés que les conditions permettent je file sur les deux îles que j’avais en tête de visiter, La Goméra et Hierro, au risque de rater des conditions favorables pour rejoindre ensuite le Cap vert, soit dés que cela semble possible, les voiles seraient hissées, pour rejoindre cet archipel Capverdien directement. Parce que là m’attend un rendez vous qu’il n’est pas envisageable de rater. En effet c’est à  la fin de ce mois juste commencé que les copains vont rejoindre Exocet pour faire tous ensemble le saut de l’Océan. Voila l’état de mes cogitations actuelles de toutes façons il me faut envisager des coupes sombres dans les plans initiaux dans les trente jours qui nous séparent je ne peux trouver le temps de faire la totalité des îles que ce soit celles citées des Canaries ou de celles du Cap Vert.

    La prudence prêche pour la route Sud au plus tôt, la Goméra et Hierro seraient sacrifiées mais cela a un précédent, j’ai déjà sacrifié Madère, me contentant de Porto Santo pour avoir une vue sur ce coin de l’Atlantique. Je commence à comprendre les navigateurs qui une fois passé quelques temps aux Antilles remettent cap à l’Est pour refaire la boucle des Açores, Madère, Canaries, Cap Vert avec ou non une incursion en Casamance et pour clôturer le Brésil. L’idée trotte dans ma tête, mais au petit trop pour le moment.

    Dans ma jeunesse Bernard Moitessier a surpris le monde entier en décidant d’abandonner la course pour laquelle il s’était engagé et préparé pour aller voir et vivre ce que la course ne lui apporterait pas cela est certain. Maintenant je comprends bien sa décision, elle était le constat que si l’on prend une rue, on en oublie une autre, si l’on va à droite que se passe t’il a gauche, si l’on gravit des sommets de montagne, en en ignore les cavités. Il me faut à mon tour tracer ma route il en est plus que temps trop de temps a été perdu en restant statique, immobile, anesthésier par la ritournelle du quotidien.

    En écrivant cela j’entrevois que je peux peiner certains, faire du mal à des êtres chers, mais cela n’est pas mon intention bien au contraire. Je ne regrette en rien la route que j’ai tracée dans ma vie, les impasses dans lesquelles je me suis fourvoyé, J’emporte tout cela avec moi, mon cœur est plein de ces moments vécus avec les uns, les autres, ici, ailleurs. A tous un grand merci pour m’avoir comblé de vos mots, de vos sourires, de votre aide, de votre amour.

    Ne terminons pas en tristesse à l’image qui accompagnera tout au long de ce mois de Novembre mes réveils. Je lis de la fierté, de la joie, du recueillement, dans cette photo qui prise lors d’un hommage à des aïeux qu’ils n’ont pas connus, mes petits enfants font monter en moi l’émotion du respect de la vie des uns et des autres, de leurs choix, de leurs chemins, que chacun trace sa route elle est belle ici mais tout autant ailleurs.


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  • Forte aventure a Fuerteventura

    Quatrième partie et fin.

     

    J’ai dit adieu à Fuerteventura le dimanche 28 octobre, en retour de mon départ pour de nouveaux horizons, cette île m’a fait un gentil cadeau. Je vous raconte : Le 25 octobre jour mémorable, je décide de lâcher les amarres du port de Gran Tarajal. Sachant que ce départ aller me séparer de ces personnes avec qui j’avais tant partagées. La veille j’avais réglé la note du port, mes pleins d’eau étaient faits, les vivres sont en abondances à bord d’Exocet, il fait un beau temps de fin d’été, la chaleur est agréable sans excès 25°. Le vent fait bien un peu défaut mais les prévisions à l’échéance d’une semaine n’apportent pas de modifications intéressantes pour moi, aussi je veux pouvoir finir mon programme sur les Canaries avant de traverser sur le Cap Vert. Je dois donc rejoindre Gran Canaria, pour se faire je me suis décidé de faire une petite navigation pour descendre dans le Sud de Fuerteventura jusqu’au port de Morro Jable.

    Forte aventure a Fuerteventura 4

    A 12 h 15 je fais les préparatifs à l’appareillage, à 13 h Claude de Mayéro vient me donner un coup de main pour lâcher les amarres, Agnès sa compagne est allée donner un cours de Français via Skype, je l’ai croisée en revenant de la ville où j’avais fini mes achats par l’acquisition d’une nouvelle drisse pour ma grand voile. Le lendemain eux aussi reprendront leur navigation pour la côte marocaine et ensuite en côtier reliront Dakar au Sénégal. Les reverrais-je un jour ?

     

    MayéroForte aventure a Fuerteventura 4

     

     A 13 h 25 Exocet est sous voile, la grand voile haute, le génois à un ris pour qu’il soit plus plat et aussi parce que j’ai mis en place l’étai  largable qui vient doubler l’étai sur lequel est le génois.

    Le vent se lève rapidement dés la sortie du port, pas un vent extraordinaire mais une jolie brise qui me permet de naviguer à la voile pure, un grand bord au pré me fait rejoindre la côte 1 heure après mon départ, je fais un virement de bord pour prendre le large il ne me rapproche pas de mon objectif mais il faut en passer par là.

    Forte aventure a Fuerteventura 4L’octopus

    Je ferais donc une succession de virements de bord pour remonter contre le vent qui vient du Sud, l’alizé nous a abandonné lâchement. L’octopus, (leurre pour poissons imitant un petit poulpe) traine au bout de 50 mètres de fil de Nylon derrière le bateau. La vitesse varie avec le vent ce n’est pas régulier, mais je fais route en adaptant la voilure lâché du ris du génois, reprise d’un ris dans le génois puis un dans la G.V et encore un deuxième dans GG. Puis à nouveau tout dessus.

    J’ai enlevé l’étai largable pour faire mes virements de bord car sans cela je dois rouler le génois sur un bord puis une fois changé la route dérouler sur le nouveau bord. Ce n’est pas pratique voilà pourquoi cet étai peut à loisir être installé ou retiré. Il est utile au vent arrière pour établir dessus une voile complémentaire sur l’avant.

    Forte aventure a Fuerteventura 4

    A 5 minutes d’arrivée, le crépitement du moulinet de la canne se fait entendre, Psitt...., Psitt..., puis plus rien je constaterais penaud que la ligne a cassée et que le poisson est parti avec tous le bas de ligne, fil d’acier, émerillon, Plomb, octopus et hameçon. Je peste un peu  intérieurement mais ce n’est pas tous les jours que l’on gagne.

     

    A 19 h Exocet est amarré sur un ponton en désuétude dans le bassin sinistré du port de Morro Jable.

    Forte aventure a Fuerteventura 4

    Je passerais une nuit tranquille dans ce bassin qui abrite quelques voiliers en transit et des petits bateaux à l’abandon. Un personnage a élu domicile sur ce qui était un bateau mais qui ressemble plus à rien maintenant un grand chien assure la surveillance durant les absences du quidam, qui part au matin travailler en ville, pour ne revenir qu’au soir. J’ai lié amitié avec ce représentant des canidés qui était content que l’on joue un peu avec lui.  En fin de matinée Marléna  annonçait son arrivée, je suis allé les accueillir et nous avons partagé un verre de Rosé pamplemousse avec quelques biscuits salés sur Exocet.

    Nous projetons de partir le lendemain pour aller mouiller à la pointe Sud Ouest de Fuerteventura pour raccourcir la traversée sur Gran Canaria à 50 milles nautiques (soit 92 Km Mais je ne le répéterais plus, un mille égale 1852 mètres.) Cette traversée que nous envisageons de faire le sur-lendemain.

    Je reçois une invitation pour un repas typique Bavarois, car Hubert, qui cuisine à bord, est d’origine de cette région d’Allemagne. Aussi nous passerons une bien agréable soirée à bord de Marléna.

    Nous ferons des plans pour les navigations futures.

    Forte aventure a Fuerteventura 4

    Samedi 27 octobre à 11 heures nous partons ensemble pour faire cette 15éne de milles qui nous emmènent  au prés du phare qui signale la fin de l’île côté Ouest sur la péninsule de Jandia, un petit bourg avec quelques petites barques de pêcheurs se nichent dans cette baie : El puertito de la Cruz.

    A quelques longueurs de l’arrivée : Psitt..psitt... la chanson du moulinet  se fait entendre je freine avec délicatesse le tambour, prend en main la canne, ralentis le moteur qui me  propulse depuis notre départ. Puis m’affaire à reprendre le fil que cette chose a pris, par moment je ressens les vibrations du poisson qui cherche à se défaire des hameçons puis rien le fil remonte sans difficulté je me demande si le scénario de l’arrivée à Morro Jable se répète, mais non il y a bien un poisson là que je vois en surface suivre le leurre. Le combat n’a pas été  long, un Barracuda d’1Kg 150 rejoint la cambuse.

    Forte aventure a Fuerteventura 4

    Le Barracuda 70 Cm de la tête à la queue

     

     Il sera le prétexte de rendre l’invitation de Marléna et se sera encore une bonne soirée passée ensemble entre navigateurs à se raconter des histoires de navigateurs.

    A minuit nous appareillons pour faire de nuit la traversée qui devra être faite moteur ronflant, par Mer belle, vent nul ou presque et une clarté incomparable due à Madame la Lune. 

     

    Forte aventure a Fuerteventura 4

     

    Merci  Fuerteventura de me faire ce cadeau d’adieu, de m’offrir mon premier poisson après tant et tant de milles parcourus depuis Port Camargue.

    Puisque l’on est à l’heure des cadeaux je vous en fais un à mon tour, mais c’est Marléna qui en est l’auteur, c’est la première photo récente que j’ai reçu d’Exocet sous voiles. Comme l’on m’y aperçoit, cela donne une échelle qui parle ainsi mieux que les photos aux mouillages dont je vous abreuve généreusement.

    Forte aventure a Fuerteventura 4exocet

      

    OH ! mon bateau oh, oh, oh

    C’est le plus beau des bateaux

    Quant il navigue sur les flots

    Il n’y a rien de plus beau

    C’est le plus beau des bateaux...

     


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