• Vagabondage à Marie-galante

    Présentation de Marie-Galante

      

     

    D’une superficie de 158 km2, l’île, qui est plus communément appelée la « Grande galette » en rapport à sa forme circulaire et à son relief peu élevé (le plus haut sommet, le morne constant, culmine à 204 m), compte trois communes et 12 410 habitants. Marie-Galante qui a compté jusqu'à 106 moulins est aussi appelée « l’île aux cent moulins ».

    Marie-Galante propose l’authenticité de la vie aux Antilles, un charme pittoresque, d’innombrables plages de sable blanc, des lagons bordés de récifs coralliens, et la sérénité du séjour.

     

    L’île propose de nombreuses possibilités d’hébergement chez l’habitant, des villas, des résidences de tourisme, et des hôtels dont un est classé 3 étoiles.

    Marie-Galante est une île essentiellement rurale où  la culture de la canne est omniprésente. L’une des deux usines à canne que compte la Guadeloupe, l’usine de Grande Anse, y est implantée. Par ailleurs, trois distilleries vous proposent « le meilleur Rhum du monde » Un fabuleux nectar qui titre 59°. En « ti punch » adouci par le sirop de batterie pour l’apéritif et le rhum vieux pour le digestif, il saura accompagné comme il se doit le bébélé, le « chaudage », ou le court bouillon de poisson frais, plats traditionnels, que préparent avec soin les restaurants de la place.

    De nombreuses activités peuvent être pratiquées, allant des sports nautiques aux activités de randonnées ou de découvertes en charrette à bœufs. Vous ne manquerez pas de découvrir les musées, ainsi que les sites et paysages étonnants de Marie-Galante.

     

    Les traditionnels bals de quadrille, concours de bœufs tirants, ou combats de coqs rythment la vie culturelle sur l’î  le.

     
     

    Historique de Marie-Galante

      

    La civilisation la plus ancienne connue qui a occupé le territoire de Marie-galante fut les Huécoïdes. Ils furent suivis par les Arawaks, puis vers l’an 850 par les Caraïbes.

     

    Marie-Galante est la première île de l’archipel Guadeloupéen que Christophe COLOMB a atteint lors de son second voyage. L’explorateur débarqua au lieu dit « Anse Ballet » à grand-Bourg le 3 novembre 1493. Il donna à l’île, qui était dénommée Aïchi par les Caraïbes et Touloukaéra par les Arawaks, le nom de son vaisseau amiral « Maria-Galanda ».

     

    Le gouverneur HOUEL, organisa le 8 novembre 1648 l’implantation des premiers colons Français, une cinquantaine d’hommes, à proximité du lieu-dit Vieux-fort à Saint-Louis.

     

    Le 4 septembre 1649, Jacques de BOISSERET rachète l’île à la compagnie des Isles d’Amérique.

     

    En 1653, le peu de colons qui n’avaient pas cédé au découragement, face aux rudes conditions de vie, furent massacrés par les Caraïbes, en représailles de viols commis en Dominique, par les marins d’une barge venue de la Martinique.

     

    La canne à sucre, vraisemblablement originaire de l’inde est importée par Christophe COLOMB aux Antilles, fut cultivée en Guadeloupe en vue de son industrialisation à partir de 1654, grâce à des colons expulsés du Brésil qui suscitent la création des premières habitations sucreries, équipées d’un petit moulin à bêtes (manège) pour broyer les cannes.

     

    1660 voit la signature, au château de Basse-Terre, du traité de paix avec les Caraïbes que les Français et les Anglais autorisent à s’installer sur la Dominique et Saint-Vincent. L’île étant « pacifiée », les conditions technologiques et humaines sont réunies pour le développement de l’économie marchande fondée sur l’habitation comme unité de production et sur le travail des esclaves noirs importés d’Afrique.

     

    En 1664, Monsieur de BOISSERET cède ses droits à la compagnie des indes Occidentales. L’île comptait alors ses 4 premiers moulins (Moulins à bêtes). En 1665, son fils Monsieur de BOISSERET de TEMERICOURT devient Gouverneur. La carte de l’île qu’il établit porte son blason.

     

    L’île fut pillée par les hollandais en juin 1676, puis par les Anglais en 1690 et 1691. Suite à ces différents pillages qui ont conduit à la destruction des moulins, des sucreries et au départ de la population, le repeuplement de l’île fut interdit par le gouverneur général de la Martinique jusqu’en 1696.

    Les Anglais occupèrent de nouveau l’île de 1759 à 1763. Les moulins à vent apparurent en 1780. En 1830 on comptait jusqu’à 105 moulins dont plus de la moitié étaient encore actionnés par des bœufs. Aujourd’hui 72 tours de moulins sont encore visibles.

     

    De novembre 1792 jusqu’en 1794, Marie-Galante devient indépendante pour s’affranchir d’une Guadeloupe royaliste.

     

    L’esclavage, qui fut une première fois aboli en 1794 et rétabli en 1802, fut définitivement aboli en 1848 grâce à l’action conjuguée des abolitionnistes, tel que Victor SCHOELCHER, et des révoltes incessantes des nègres esclaves.

     

    La première participation des nouveaux affranchis aux élections législatives les 24 et 25 juin 1849 fut marquée par la répression sanglante des mouvements de protestation de la majorité de la population contre les tentatives de fraudes électorales orchestrées par les grands planteurs blancs. Des dizaines de nègres furent tués pendant ces événements qui conduisirent au déversement du Rhum et du sucre de l’habitation pirogue dans la mare à proximité, aujourd’hui appelé « la mare au punch » en mémoire de ces évènements tragiques.

     

    L’archipel Guadeloupéen constitué principalement des îles  Grande terre, Basse terre, Marie-galante, terre de haut, Terre de bas et de la Désirade est un département Français depuis 1946 et une Région monodépartementale depuis 1982.

     

    Les trois communes que comptent  Marie-Galante, Capesterre, Grand-bourg et Saint-Louis. Sont constituées en communauté de Commune depuis le 8 janvier 1994, c’est la première des DOM. 


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  •  Vagabondage à Marie galante

     Deuxième partie

      

    Un cette soirée de vendredi 10 mai, avec Philippe nous testons le Rhum de Marie Galante et par ma fois il en vaut bien d’autre pourtant il titre 59° mais il passe bien, son arôme tout en étant différent de celui de Martinique est intéressant. Marie Galante, pourquoi ce nom, il vient de Christophe Colomb qui à son deuxième voyage aux Antilles a découvert cette île, il lui a donné le nom de son bateau amiral pour cette nouvelle aventure, la Maria Galanda.

    Vagabondage a Marie galante 2 

    Je me réveille de bonne heure nous sommes samedi, il a plu abondamment pendant la nuit sur la ville de Grand bourg et son port. Cela m’a obligé de dormir les capots fermés, l’atmosphère dans Exocet est moite, humide, j’ouvre tout ce qu’il est possible d’ouvrir pour ventiler le bateau, les deux capots de la cabine avant, celui du carré, et les deux petits des toilettes. Les choses rentrent vite en ordre. La nuit avait été excellente pas le moindre clapot pas la moindre oscillation dans la couchette quel plaisir. J’aurais dormi dans un hôtel affichant 5 étoiles que je n’aurais pas mieux dormi.

     Vagabondage a Marie galante 2

    J’ai fait un petit texte pour vous les amis mais je ne l’ai pas illustré car je l’ai envoyé avec la clé 3 G d’Orange et les photos sont bien trop gourmandes en volume, mais il se peut que le Webmaster y ait mis sa patte, ce qui rend le résultat plus attrayant. Ce texte fera la même démarche.

     

    Je suis allé faire un grand tour de cette petite ville qui était bien animée, des petits jardiniers viennent vendre directement leur petite production, là sur le parking devant le port les prix sont là aussi bien chers. Il y a un cageot de tomates, des concombres, quelques laitues,  des ananas des mangues d’autres fruits  dont je ne connais ni le nom ni le gout, bref un peu de tout, de tout un peu.

    Vagabondage a Marie galante 2 

    Les commerces sont eux aussi ouverts ce sont de petites surfaces avec des rayons tellement serrés qu’il y est impossible d’y croiser une personne et ou il y a autant d’article en rayon qu’en vrac dans les allées. Un véritable capharnaüm. Les gens prennent cela avec le sourire, les conversations sont chantantes, les caissières pas stressées, l’approximation règne en maitre ici. Le petit marché couvert au près de l’église où une cérémonie de mariage se déroulait  propose la aussi fruits et légumes, mais aussi vêtements, souvenirs, et les incontournables Rhum arrangés, les épices, les huiles exotiques, la vanille en fagot de dix gousses ou en extrait en petit flacons.

    Vagabondage a Marie galante 2 

    Un robinet d’eau est à la disposition de tous au port pour y prendre l’eau j’en profiterais pour faire le plein de l’un de mes réservoirs qui étaient à sec il faut procéder avec des bidons que l’on remplit sous la halle des pêcheurs et qu’avec l’annexe l’on porte à bord pour les transvaser dans le réservoir je ferais 4 fois ce manège mais me voila tranquille pour un moment côté eau douce.

    Vagabondage a Marie galante 2 

    En début de l’après midi nous reprenons la Mer pour retourner à  Saint Louis, ou nous mouillerons nos bateaux sans avoir à utiliser le moteur, arrivant sous voile, le Génois seulement, nous avançons à vitesse réduite vers la grande baie de Saint Louis. A destination il suffit d’enrouler la toile le bateau ralenti, s’immobilise, l’ancre plonge au fond, le bateau recule poussé par ce petit vent qui nous a fait faire les 6 milles en une heure. Moi avec Exocet nous avons accroché la ligne d’un casier, nombreux dans ces petits fonds la ligne c’est arrachée du cassier est trainé dans le sillage, je l’ai gaffé pour la libérer mais n’y suis pas arrivé aussi j’ai coupé au plus court, mais redoutant que la mise en route du moteur ne soit pas des plus judicieuse j’ai laissé le Perkins au repos.

    Vagabondage a Marie galante 2 

    Une fois l’ancre crochée dans le sable vaseux parsemé d’algues je plonge pour enlever de l’hélice les bouteilles de plastique qui servaient de flotteur à cette ligne pour y localiser le casier. Le pêcheur râlera d’avoir perdu un casier, qu’il retrouvera surement vue la clarté de l’eau et la faible profondeur sur cette côte.

     


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    Vagabondage a Marie galante

     

      

    Nous sommes arrivés à  Marie Galante le jeudi 9 mai, il était 14 h 45 je vous ai compté la navigation dans un précédant chapitre. Nous c’est deux bateaux, Ad hoc et Exocet. Alamanda lui ne nous a pas rejoint, nous le retrouverons surement un jour sur la route.

    Vagabondage a Marie galante

    Ad hoc est en préparatif pour un retour en métropole il lui est nécessaire de faire un avitaillement avant de mettre l’étrave en direction des Açores. Nous avons passé la première soirée et nuit au mouillage non loin de l’îlet du fort dans un site magnifique de l’eau cristalline, un régal, la nuit a été un peu contrariée  par la houle qui faisait se dandiner Exocet, mais au matin une belle journée était au programme.

    Vagabondage a Marie galante

    Nous nous étions donné rendez-vous à 9 heures pour aller faire une partie de chasse à l’ilot du fort. La houle de l’Atlantique nous a un peu contrariés dans nos ambitions mais ce fut tout de même bien sympa. Une fois de retour à bord de l’annexe de Philippe je contemplais les aller et venus d’une colonie de Sternes qui ont élu domicile sur l’îlot. Un spectacle splendide la chorégraphie est laissée à la discrétion des acteurs, la musique est un chant chorale de ces interprètes, avec aux instruments la Mer avec cette puissante houle qui vient battre le rythme contre les petites falaises de ce caillou au milieu des flots. Si le regretté Jean a chanté « que la montagne est belle », je suis sur que l’on pourrait chanter « que la nature est belle ».

    Vagabondage a Marie galante

     

    Le mouillage était bien loin de toute source d’approvisionnement aussi nous levons l’ancre pour faire une paire de mille nautique pour nous rapprocher des commerces et station de carburant. Nous jetons l’ancre devant Saint Louis mais renseignements pris il n’y a pas de station à proximité et les commerces ne sont que de petites structures bien peu achalandés. Nous repartons pour la ville de l’île, « grand bourg », là c’est un port qui nous permet de nous abriter de la Mer qui ici arrive par le sud en contournant l’île le port est petit, il a sa raison d’être par le fait que les navettes avec la Guadeloupe y font leurs escales. Quelques  barques de pêcheurs sont aux amarres de ci de la, les filets de pêche sont entassés sur le ponton où quelques bateaux trouvent places.

    Vagabondage a Marie galante

    Je mouille Exocet dans la partie du bassin qui le permet mais la place y est comptée je ne lâche pas beaucoup de chaine pour laisser de la place à d’autres, est je plonge pour aller voir comment se comporte l’ancre et dans quel fond elle est accrochée. Une fois rassuré je peux faire du rangement et quitter le bord pour aller faire un tour en ville où je fais un complément pour la cambuse, eau gazeuse, farine, sucre, yaourts, fromage, riz, beurre, Rhum de Marie Galante, il faut bien gouter les spécialités locales.

    Vagabondage a Marie galante

    Ne regardez pas trop de près les prix de tous ces articles vous deviendriez ascète, et ivrogne car il n’y a que le rhum qui est moins cher ici qu’en Métropole.


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  • Marie galante nous voilà

      

    Partis ce matin du jeudi 9 mai a 9 h 40 du mouillage du pain de sucre, sur l'île de terre de haut aux saintes, pour aller au mouillage du vieux fort, sur l'île de Marie Galante.

    Marie galante nous voila

    Exocet a fait une navigation des plus paisible, par des conditions de vent très faibles, voir même trop faible par moment. Le moteur a du être sollicité. La météo nous annonçait  un alizé faible elle ne se trompait pas, j'avais espéré que nous aurions au moins 10 Nds de vent pour pouvoir faire route à la voile exclusivement, mais ce ne fut pas le cas. Je voulais profiter de ces bords au louvoyage pour tester une nouvelle configuration de voile, à savoir utiliser la trinquette sur son étai largable sans utiliser le génois sur enrouleur qui est bien creux pour faire du cap.

      

    J'ai donc de bon matin fait les préparatifs dans ce but. Installation de l'étai largable juste en arrière du génois, sécurisation du génois pour qu'il ne puisse se dérouler sans que je ne le veuille, sortir de la soute la trinquette et l'endrailler sur l’étai, trouver et mettre en place deux écoutes sur cette nouvelle voile sans avoir à dégréer celle du génois. Ouvrir le lazzy-bag de la grand voile et me voila prêt. Moteur en route, remonter le mouillage, assurer l'ancre avec un bout et en route. Aussitôt que le bateau est face au vent la grand voile est envoyée entière. Puis c'est le tour de la trinquette de grimper le long de l'étai. Je sors des îles des Saintes en laissant sur tribord les deux hauts fonds de la baleine avec la perche qui signale ce danger.

    Marie galante nous voila

    Exocet est réglé pour faire du cap mais le vent est faible aussi cela ne me permet pas de bien juger de l'efficacité de cette voilure. je ferais donc avec ce petit vent quant il est suffisant pour faire avancer le bateau, quand cela ne marche plu le moteur  ronronne. A 14 h 45 l'ancre coule sur un fond de sable par 4 mètres de profondeur je range toutes les manœuvres, les voiles, remets  la tente sur les capots de la cabine, remets à l'eau l'annexe pour libérer la jupe, et je vais me rafraichir dans l'eau cristalline.

     

     Position: 15° 58 N et 61°18 W.

    Marie galante nous voila

    Ps la Trinquette, c’est une voile de plus petite surface que le génois et bien plus plate ce qui permet de faire plus de cap. Normalement elle ce grée sur un étai intermédiaire entre l’étai (qui part de l’avant du bateau pour monter en tête de mât) et le mât sans aller en haut. Dans le cas présent la trinquette devrait s’appeler Foc de prés.

     


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  • Exocet aux Antilles.

    Les régates de voile traditionnelle.

     

    Je vais vous faire vivre un peu par contumace la semaine de régate des voiles de tradition à  Antigua en 2013.

    A notre arrivée sur Antigua  nous sommes au milieu des bateaux qui s’entrainent le vent est soutenu et la Mer bien formée les bateaux font leur sortie d’essai  et de confirmation des équipiers qui seront a leur bord pour la compétition alors  le spectacle est déjà sur l’eau. Cette régate est ouverte à  des bateaux de tradition, que leur construction soit récente, ou très ancienne, c’est l’esprit qui compte, je ne connais pas le règlement, cela semble un peu confus  apriori. Mais c’est l’occasion de voir des bateaux de toutes beautés.

    La régate commence par justement un concours d’élégance et le premier de ce classement a  bien fière allure d’ailleurs.

    Le gagnant de l’année n’est pas un inconnu il est sur le podium depuis des années, il est un concurrent redoutable pour les autres inscrits. Mais son classement est justifié.

     

     

     

    Charm III, lui va comme un gant.

    J’assiste le lendemain à  la sortie des bateaux qui passent dans le chenal alors qu’exocet est au mouillage juste a côté.

     

     

     

    Je les ai pris en photo mais ne peux  vous les présenter tous, il me faut faire un choix bien difficile.

    Le soir à leur retour sur les panes de la marina j’irais les voir de prés. Les équipages font leur débriefing avec un verre à  la main, il y a les bons  comme les relégués en fond  de classement mais l’ambiance est gaie et festive sur tous les bateaux.

     

    Je me régale de regarder les détails de ces unités prestigieuses.

     

     

     

    Les vernis, les pièces d’accastillage, les bouts, les poulies, les ponts de teck, 

    c’est que du beau, que de travail cela représente !

     

    Mais quelle beauté pour ceux que les bateaux passionnent.

     

     

     

    Ils viennent de toutes les destinations et mêlent  la tradition avec les techniques modernes  avec gout.

     

    Il y a des unités qui montrent  quelles  ne sont pas venues  pour faire de la figuration. Elles affichent leurs prétentions avec leurs équipements.

     

     

    Il y a ce sur lesquels il n’a été  possible de faire partie de l’équipage dans ma longue vie de marin !!!

     

     Vous êtes vous régalés, de cet aperçu, oui alors l’année prochaine venez ici, venez à Antigua pour la semaine internationale de voile de tradition.

     


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    Exocet aux Antilles.

    Direction nord.

     

     Mercredi 10 avril 2013. Il est 6 heures 20, je me sors du lit, oui de la bannette pour les inconditionnels de la Mer et des bateaux. Une petite houle fait danser Exocet, le ciel est partagé entre nuages et ciel bleu, c’est incertain pour la journée. Je prépare mon bateau à la navigation qui est prévue pour rejoindre la Dominique.

    Je dois aller à terre pour envoyer un mail pour le blog, mais il me faut attendre que le café qui offre la connexion, soit ouvert. Je saute dans l’annexe alors qu’il est 8 h 30, je vois Mar Léna qui appareille, le faux frère, il avait annoncé son départ pour 9 heures 30.

    Direction nord

    Je me retrouve au bistro du centre ville qui est le premier à lever le rideau, il y a là les habituer du matin. Je m’installe à l’intérieur pour avoir une bonne connexion, mais aussi une bonne visibilité sur l’écran de l’ordinateur et envoie le doc que j’avais terminé la veille au soir. Certains des clients sont avec une tasse de café devant eux, alors que d’autres sont avec le décollage, le décollage c’est un ti punch avec moins de citron, moins de sucre, un rhum agricole blanc, sec, pour décoller il n’y a pas mieux. Je regagne mon bord, prépare le départ, Philippe lui aussi est opérationnel il a fait la sortie du bateau au syndicat d’initiative qui propose ce service, il y a rencontré Gilbert qui lui aussi voulait faire les formalités, mais sans ses lunettes il était en difficulté, aussi Philippe a rempli pour lui les documents à faire. Nous allons donc partir tous les trois ensembles, pour faire route de conserve. Conserve est un terme qui était utilisé à l’époque de la marine en bois pour dire que les bateaux naviguaient ensemble, pour pouvoir s’appuyer les uns sur les autres, se sauvegarder, communiquer, ils n’avaient pas de VHF encore à cette époque. Ils naviguaient de conserve. Ainsi Exocet sera en compagnie d’Ha Doc de Philippe, de Kia Ora de Gilbert qui navigue avec sa compagne Marie rose mais que l’on appelle Marie tout court.

    Direction nord

    L’objectif est de rallier Roseau en Dominique, c’est l’île au nord de la Martinique, nous prévoyons 7 à 8 heures de navigation. La sortie de Martinique est sous le vent de la montagne pellée aussi nous naviguerons au moteur un moment, jusqu'à avoir un vent établi qui nous permette de voguer juste avec nos voiles. Le canal de la Dominique est comme tous les canaux qui séparent les îles, sujet au courant, à la houle ; La météo nous prévoit 2 mètres de creux moyen, la navigation se fait au pré, pas un pré dés plus serré mais avec la houle cela s’annonce sportif. Heureusement que le mousse n’est pas à bord. Il se serait accroché à un winch suppliant que l’on mette le moteur.

    La navigation se passera ainsi, du calme pour le départ, des grains de pluie par moments, puis le vent rentre, une moyenne de 20 Nds, avec des calmes  mais aussi des risées jusqu'à 30 Nds. J’ai établi la grand voile à deux ris, je roule ou déroule le génois en fonction du vent, l’essentiel se fera avec deux ris dans le GG. A notre arrivée aux abords de la Dominique un couple de paille en queue vient nous saluer et nous souhaiter la bienvenue.

    Direction nord

    A 16 heures, Exocet est a une bouée de corps mort devant Roseau capitale et ville dans le sud de l’île, les fonds sont très rapidement prêts de la côte trop profond pour y jeter l’ancre facilement, sans risque de ne pouvoir la remonter si elle croche dans le bric à braque qui peut y avoir par le fond. Les corps morts sont faits à la sauvage, par des locaux qui vous escortent depuis le large et vous aident à la manœuvre, bien sur ce service se paie mais ce n’est pas exagéré, et cela fait vivre Pancho le « Boy man » qui offre aussi différents services, d’approvisionnements, d’excursions, et de taxi par Mer, ou à terre.

    J’ai donné rendez-vous à tous les équipages, pour un apéro à bord d’Exocet à 18 heures. Je prépare pour l’occasion des toasts, du pain du bateau avec du saint Moret, une demie olive verte fourrée au poivron, et un tour de moulin de sel pimenté, bien agréable. A l’heure dite les trois équipages rallient le bord. Hubert et Farida de Mar lèna, Gilbert et Marie de Kia Ora, Philippe de Ha Doc. Chacun les bras chargés pour participer un peu au moment de partage. Ce sera un Ti Punch pour tous et un suivant pour les plus courageux, je ne dirais pas de qui il est question. A 22 heures tout le monde avait regagné son bateau respectif.

    Direction nord

    Jeudi 11 avril : levé à 7 h 30 après une bonne nuit, toute fois un peu houleuse, cela m’a réveillé, j’ai eu du mal à retrouver le sommeil ensuite. Je prends le petit déjeuner dehors, pour profiter du paysage, des belles conditions de la météo. Je plonge dans l’eau qui est bien claire et attirante, la profondeur m’empêche d’aller voir à quoi est reliée la bouée qui assure la tenue d’Exocet, il y a 27 mètres d’eau sous le bateau. Mais nage un bon moment en bordure de côte, j’ai plaisir à voir que les pollutions sont rares, alors que la bordure littorale est un peu zone.

    A 9 heures Philippe me prend à bord de son annexe pour que nous allions faire la Clearance, (les formalités de Douane et immigration) ce n’est pas le plus agréable dans le voyage de faire cela mais c’est un parcours obligatoire, résignons nous à garder le sourire, la courtoisie, et la bonne humeur, car dans le cas contraire cela peut prendre des proportions insoupçonnées. Cela à bien durée une heure et nous a couté 6 EC dollars. (C’est la monnaie commune à toutes les îles des Antilles indépendantes). Pour faire simple cela fait 2 euros.

    Nous nous baladerons dans la ville, de par les rues principales mais aussi les autres, c’est charmant, un peu détérioré, mais pas sale pour autant, les gens sont sympathiques, avenant, nous n’avons aucune craintes, et passerons une très agréable matinée, nous mangerons dans un petit restaurant en dehors de ceux qui sont pour les touristes. Nous y mangerons une côte de porc grillée avec un assortiment de crudités arrosé de deux bières cela ne nous coûtera pas 10 euros par personne.

    Direction nord

    A 15 heures nous avons regagné nos bateaux, j’envoie le pavillon de courtoisie que j’ai ramené de mes emplettes du matin et je peux affaler le pavillon « Q », il signifie que le bateau n’a pas fait la Clearance.

    Le pavillon de courtoisie c’est le pavillon du pays visité que les bateaux doivent envoyer à tribord sous la barre de flèche (pour les voiliers) sur un mâtereau (pour les bateaux à moteur).

    Direction nord

    Je reprendrais un bon bain à la découverte des fonds, des poissons, des coraux,  des éponges.

    A 18 heures nous sommes tous invités sur Kia Ora pour le Ti Punch.

    Encore une soirée bien cool et sympa.

     

    Elle est bien agréable la vie d’un retraité aux Antilles sur son bateau.


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    Exocet aux Antilles.

    Deux jours à Saint Pierre

     

       Lundi 8 avril 2013. Bon anniversaire Hubert, il fête ses 55 ans.

    Je suis levé de très bonne heure, un bruit que je ne peux définir me tire de mes songes. Il est 5 heures 45 un petit tour d’horizon m’en apprend l’origine, un paquebot de croisière est accosté au quai des croisiéristes, ses générateurs sans être très bruyants s’entendent, mais il est vrai que je les entends mieux à l’intérieur d’Exocet qu’à l’extérieur. Le temps est mitigé, de gros nuages menacent couvrent le ciel. J’ai rendez vous avec Hubert à 8 h 30 pour aller chez le shipchandler pour quelques achats et j'en profiterais de faire le plein d’eau gazeuse au Leader Price.

    Deux jours à saint Pierre

    Un géant des Mers

     

    A 9 h 45 nous sommes de retour et avons le projet d’appareiller à 10 h 45 avec l’ambition d’aller à saint Pierre.

     

    Nous sommes prêts un peu avant, alors en route, la navigation s’annonce belle et facile. Je m’interroge sur l’opportunité d’utiliser la grand voile ? Oui ou non ? Oui me permettrait de tester les modifications que j’ai apporté à la drisse, non c’est bien du travail pour 12 milles alors que le vent sera portant et que le génois est plus efficace seul que contrarier par la grand voile. Alors la décision est prise ce sera non. La langueur des Antilles à fait des ravages sur mon esprit guerrier.

    Je vais naviguer avec Mar Léna qui est moins rapide qu’Exocet cela me donne bonne conscience.

    Deux jours à saint Pierre   

    La baie de Saint Pierre

     

    La navigation est en effet des plus relax, un bord bâbord amure pour sortir de la baie puis un empannage pour passer tribord amure jusqu'à l’arrivée. Je mets en route un pain qui lèvera tranquillement le temps de la navigation et cuira en fin de parcours alors que le moteur tournera pour notre arrivée.

     

    13 heures 35 Exocet est au mouillage devant Saint Pierre. Je me mets en cuisine pour préparer des carottes qui ne peuvent attendre, les légumes en Martinique ne sont pas de première fraicheur, et de plus, sont plus chers qu’en Métropole, c’est la raison pour laquelle beaucoup de ménagères achètent les légumes congelés, prêt à cuire, plus avantageux. Mais sans congélateur cela ne s’applique pas bien pour mon bateau.

    Je saucissonne et arrose le repas avec une bière dans le cockpit.

    Deux jours à saint Pierre

    L'entrée du théatre

     

    Ensuite je vais à terre pour faire la visite des lieux que promotionne l’office du tourisme, les ruines du théâtre, de la prison avec le cachot de Cyparis celui qui est dit le seul survivant de la coulée pyroplastique de l’explosion de la montagne pelée en 1902. Le quartier du figuier avec les entrepôts et ateliers qui eux aussi ont été ensevelis et détruits par le feu mais des photos avaient été prises avant la catastrophe et sont reproduites sur des tables explicatives qui se trouvent dans de multiple endroits de la ville, je prends le temps de lire ces informations que je juge bien mises en valeur. Une après midi ne peut suffire pour faire une visite complète de la ville.

    Deux jours à saint Pierre

    Eglise du mouillage

     

    A 17 h 30 je suis de retour à bord d’Exocet, je me mets à l’eau un moment pour me rafraichir, avant d’aller sur Mar Léna pour un apéro.  La langue entre nous est en priorité l’Espagnol que nous pratiquons avec différentes facilités les uns les autres. Je m’entends bien avec Hubert nous avons bien des points communs, et Farida est toujours joyeuse et enthousiaste. Nous passons d’agréable moment ensemble. Je serais de retour sur le bateau à 19 h 30. Et passerais un long moment à l’article précédent. Avant d’aller rejoindre ma couchette pour une nuit réparatrice.

    Deux jours à saint Pierre

      6 heures 30 je me lève. Il bruine, le ciel est couvert, la montagne Pelée a son Bakoua (chapeau). Je déjeune dans le cockpit après la pluie fine qui tombait. Me prépare pour retourner continuer ma découverte de la ville. Mais avant de prendre l’annexe je me baigne une bonne demi-heure. C’est un bon départ pour la journée. Je déambule dans les rues de saint Pierre, prends les petites ruelles qui partent à l’assaut de la montagne, je me plonge dans l’arrière du décor, cela me plait tout autant que les lieux qui sont bien entretenus, et où tous les visiteurs passent pour y faire les mêmes photos. Mon vagabondage durera jusqu'à 11 h 30. Je profiterais de mon bateau pour me relaxer en buvant une bière bien fraiche à l’ombre du bimini d’Exocet.

    Deux jours à saint Pierre

    Après avoir grignoté, je me permets une petite sieste, des petites averses arrosent régulièrement le plan d’eau aussi les capots sont ils fermés, je me réveille en transpiration, alors : Plouf. À l’eau pour faire tomber la température corporelle. Je me décide tout de même à retourner a terre malgré l’incertitude de la météo. J’avais dans mon programme la visite de la distillerie de Rhum « Depaz » elle n’est pas très loin m’a-t-on dit. 2 à 3 Km alors en avant, j’ai pris dans mon sac a dos un K-way. Le chemin n’est pas bien indiqué, je me trompe, retourne sur mes pas, me renseigne, mais la dame rit de me voir à pied, « c’est là tout en haut de la route, mais ça monte, oh là là, ça monte ». En effet la route part à l’assaut de la montagne en un grand trait tout droit, Dans un chemin montant, sablonneux, mal aisé, de tous les côtés au soleil exposé… vous connaissez la suite, une averse vient me rafraichir, les maisons de la ville sont derrière moi, je traverse les champs de cannes qui s’étendent de chaque côtés de la route à perte de vue, certains ont été récoltés, d’autres non, les cannes y sont serrées, plus hautes que hauteur d’homme, là il y a 2 moissonneuses qui sont stationnées, la journée de récolte se termine de bonne heure. Je lève le pousse lorsque une voiture monte la côte, mais elles sont rares, un monsieur me fera faire l’économie de la fin du parcours en me prenant à bord d’une camionnette. 500 ou 800 mètres d’économisés à mes jambes c’est bon à prendre.

    Deux jours à saint Pierre

    La visite de la propriété est intéressante, c’est bien balisée, des panneaux d’information sont à disposition à chaque étape de l’élaboration, les employés sont en train de finir leur journée de travail, ils nettoient les machines et les abords. Un petit musé présente les outils traditionnels, un peu désuet à l’heure des machines qui coupent la canne, les chargeurs qui les mettent dans les bennes, les camions qui font les rotations entre les champs et la distillerie. Il y a là les anciennes machines, les vieux outils, les cuves de cuivre, les alambics, les instruments de pesée, des photos de l’époque, des documents. La visite se termine bien naturellement par la boutique là une dégustation est offerte, un dé à coudre de Rhum dans le fond d’un gobelet en plastique, cela ne concurrence pas le Ti punch que je déguste à bord d’Exocet, dans un joli verre décoré et ou la quantité est suffisante pour y trouver le plaisir des saveurs et des odeurs. Je profiterais d’un prix à peine inferieur à celui des commerces du centre ville, et approvisionnerais le bord d’un « cubis » de 3 litres accompagnés d’une bouteille de sirop de canne. Je me ferais redescendre à la ville par un couple en voyage, qui visite l’île avec une voiture de location, et regagnerais le ponton où m’attend mon annexe, là juste en face de la jetée je reconnais le bateau de Philippe, « ha doc » son annexe est elle aussi à quai, je reste là un moment à attendre pour le saluer mais les minutes passent sans que je ne le vois revenir, aussi je regagne mon bateau, en faisant une halte sur MarLéna, pour mettre au point la suite du programme. Le départ est confirmé pour le lendemain à 9 h 30. Une fois avoir vue l’annexe de Philippe accrochée à son tableau arrière, je vais lui faire une petite visite pour savoir s’il part avec nous pour Roseau en Dominique. C’est en effet son idée il lui reste à faire les formalités de sortie, à la première heure demain et il sera prêt à l’heure dite.

    Deux jours à saint Pierre

    En soirée je travaillerais à l’écriture de l’article pour le blog et y intègre les illustrations. A 22 heures je mets le point final, l’article est prêt à  être envoyé, mais pour se faire il me faudra aller à terre demain matin, mais il est temps d’aller au lit pour reposer les jambes qui ont servies bien plus que bien souvent.

    Voila deux jours de visite de Saint Pierre en Martinique.

    Deux jours à saint Pierre


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    Exocet aux Antilles.

     

    Jours de fête à Fort de France

    Exocet reprend ses vagabondages dans les Antilles, je vais essayer de vous tenir informés de ces pérégrinations. Voilà 6 jours que j’ai quitté sainte Anne avec pour objectif de monter dans le Nord des Antilles. Je pars en compagnie de Marléna le bateau d’Hubert accompagné de Farida de nationalité Allemandes tous les deux.

    Exocet aux Antilles

      Nous avons une même vue sur le tempo qui nous séduit, de petites navigations, des escales programmées, mais non déterminées avec grandes précisions.

    Premier jour d’avril, A 10 heures locale levée de l’ancre et en route sous voile, génois seul, le vent est portant, il nous arrive par derrière. Nous avons pour ambition d’aller à Grande Anse d’Arlet, ce n’est pas loin, juste quelques heures de navigation, direction le Diamant roc, la houle devient de plus en plus importante au fur et à mesure de notre éloignement de la terre. Je ne fais pas route directe, le vent y serait bien trop instable, venant d’un côté puis de l’autre, la voile dans ces conditions ne travaille pas correctement, aussi je tire des bords de vent arrière. A 11 heures 30 je suis entre Diamant et terre, Marléna lui a choisi l’extérieur il est à un demi mille devant Exocet depuis que nous sommes partis de sainte Anne, j’ai mis la vitesse du bateau en harmonie avec celle de mon compagnon de voyage.

    Exocet aux Antilles 

    Passé la pointe Sud-ouest  de la Martinique, les conditions changent, la houle porte Exocet qui surfe d’une vague à l’autre, le vent arrive par côté sur tribord.  Il ne faut pas longtemps pour entrer dans l’anse, dans grande Anse. Il est 13 heures, l’ancre plonge dans les eaux limpides du lieu par 10 mètres de fond. L’anse est maintenant équipée de bouée de corps mort qui utilisent tous les espaces de faibles profondeurs, mais toutes les bouées qui sont dans une zone abritée sont occupées. Nous mouillons donc nos ancres là où il n’y a pas de bouées, mais cela nous convient parfaitement.

    Exocet aux Antilles

      Nous resterons à Grande Anse jusqu’au samedi 6 Avril. Marléna doit faire un plein d’eau, aussi il doit aller au ponton, pour se connecter à la borne qui se cache dans le plancher, et aller demander au bar qui assure la prestation. Puis une fois ses réservoirs pleins nous nous mettons en route pour Fort de France. Il est 10 heures 30, le génois est encore le seul à être sollicité je garde un ris en réserve. Le vent n’est pas stable, il fluctue de 10 à 25 Nds, pour un voilier la voilure pour 10 Nds n’est pas celle pour 25 Nds, alors Exocet est sous toilé quant il y a peu de vent, et retrouve sa vélocité quand le vent monte sur l’échelle de Beaufort. La vitesse est donc en rapport avec ce vent fripon, 1.5 nœud ou 6.5 nœuds, Marléna qui a fait un stop pour monter son annexe sur son tableau arrière, a perdu son avantage, cette fois il est derrière Exocet. Il est mal mené par la houle dés la sortie de l’Anse, aussi rapidement il roule le génois et file au moteur. Je patiente, rien ne presse, négocie les surventes, espère dans les calmes une rapide reprise du vent, prends un ris supplémentaire quand la « brafougne » arrive, le relâche quand cela se calme. Une fois entré dans la baie de Fort de France, le vent rentre avec un grain ce qui permet à Exocet de filer à la poursuite de Marléna, de le rattraper alors qu’il faut penser à préparer le mouillage, il va être sollicité pour ancrer le bateau dans la baie des Flamands. Il est 12 heures 45 lorsque je coupe le moteur et les instruments.

    Exocet aux Antilles 

    Une fois m’être assuré de la bonne tenue du mouillage, mais aussi que le bateau peut éviter sans risque pour lui ou pour des voisins, je vais à terre dans le but de faire quelques achats. Farida et Hubert ont la même intention, ils ne connaissent pas Fort de France, je leur sers de guide. Nous allons dans un centre commercial où nous grignotons avant d’aller dans le Carrefour de ce centre commercial, pour remplir nos cabas. Nous retournons à nos bateaux avec nos achats qui rejoindront les frigos rapidement ainsi.

    Fort de France est en fête, une série de tentes s’alignent sur la pointe Simon (la promenade du bord de mer) chacune faisant la promotion de produits de l’artisanat local, de productions alimentaires, des institutions et autres. Tout cela est fait dans le cadre de l’arrivée d’une course à la voile en solitaire, sur des monotypes (Figaro de Bénéteau) partie de Brest en Bretagne, et dont le premier concurrent pourrait arriver le lendemain de bonne heure. Je fais donc la visite de ce village de tentes, j’y rencontre Paula, une amie qui vit ici et qui est impliquée dans diverses associations, c’est dans ce cadre qu’elle anime un stand d’une association de soutien à un coureur, enfant de la Martinique. « Eric BARAY ».

    Exocet aux Antilles 

    Je retrouve sur ce salon mes compagnons de voyage, nous nous intéressons a un manège de chevaux de bois antédiluvien. « In crédible » comme dit Hubert. Pas de moteur, pas de lumière, pas de guichet. Je vous laisse juger.

    Nous décidons de revenir à terre pour le spectacle du soir qui commence à 20 heures. De retour sur Exocet qui est mouillé juste là, à 100 mètres du quai ou se trouvent ces animations, je me repose un moment avec une bière bien fraiche à la main (à votre santé les amis). Puis me fais un petit repas avant de rejoindre la pointe Simon pour écouter jouer une banda de percussions, qui fait le spectacle, il y a du rythme on est transcendé par les tambours, je m’en suis régalé un bon moment. Le spectacle qui suivait ne convenait pas plus que cela à Farida, nous avons cheminés et une fois encore observé ce manège d’un autre temps. Une bière ici une autre plus loin une belle soirée de fête. A 23 heures je suis à mon bord pour une nuit calme et tranquille.

     

    Dimanche 7 avril le premier concurrent est en approche les bateaux qui vont à sa rencontre agitent le plan d’eau, cela me réveille il est 6 heures  40. Dans le jour qui vient de s’illuminer des premiers rayons du soleil j’observe une grappe de bateaux qui escorte le futur vainqueur de la course. La ligne d’arrivée est à 50 mètres de la poupe d’Exocet, je suis aux premières loges pour assister à l’arrivée de Erwan TABARLY sur son bateau qui court pour Armor lux. Il a fait le trou avec ses concurrents, arrive avec des heures d’avances sur ses poursuivants.

    Je déjeune après se grand moment, tranquillement dans mon cockpit, loin de l’effervescence des comités de course, journalistes staff de son équipe et les officiels.

    Exocet aux Antilles

    Après avoir fait ma toilette, être rasé de prêt, habillé avec soin, je vais à terre pour profiter de toutes les animations, écouter les commentaires de la presse qui a un podium important accolé à une salle de presse sous chapiteau. Il y a aussi de prévu une régate de Yole ronde en baie de Fort de France, les équipages arrivent des quatre coins de la Martinique, ici les courses de yoles déplacent des foules importantes, c’est presque une religion pour les îliens.

    En fin de matinée une averse vient égayer la foule, je rentre à bord pour un bon moment de repos et de détente, tout en regardant les arrivées des yoles à l’issu de leur première manche, puis du balcon avant, j’assisterais au deuxième départ. Fantastique, féerique, hallucinant.

    A terre une fois encore, je rencontrerais un couple que j’avais vue pour la première fois à Porto Santo et que j’ai recroisé ici ou là le long de nos routes respectives, leur bateau porte le nom d’une fleur locale (Alamanda) elle c’est Pascale, lui Jacky. Nous bavardons, un moment agréable.

    En soirée je resterais à bord, écouterais de là les musiques sur le podium, en rédigeant les premières lignes de ce texte. Puis à 22 heures Bonne nuit les amis.

    C’était jour de fête a fort de France.


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    La traversée vers les Antilles.

    Conclusion et bilan.

     

    Il est temps de faire un bilan de cette traversée, et en premier lieu vient :

     Le facteur Humain, c’est connu depuis toujours, la Mer est un révélateur pour l’Homo erectus que nous sommes. La promiscuité, l’éloignement de son foyer, de ses proches, tout cela joue sur le comportement des hommes, qui se trouvent ainsi en vase clos, sans échappatoire. A bord d’Exocet, cela c’est très bien passé tout du long de ces 16 jours, pas  la moindre anicroche, malgré tout ce qui pourrait nous éloigner les uns des autres,  nous étions là pour faire une traversée mythique, celle de l’Atlantique, les autres sujet n’avaient pas de prise.

    En deuxième vient : La santé, pas la non plus de souci particulier, Pierrot avec le mal de Mer une bonne journée, puis nickel jusqu'à la fin. Il a été très attentif à son traitement quotidien.

     Didier lui la jeunesse étant là, n’a pas de consigne particulière à suivre, il n’a jamais économisé ses forces  morales et physiques, allant jusqu'à forcer dans des positions non recommandées, un tour de rein, comme on dit injustement la sanctionnées. Des anti inflammatoires, ont remis notre voltigeur opérationnel rapidement. (Le voltigeur sur un bateau et celui qui étant le plus alerte, se voit confier le rôle de celui qui se déplace le plus, on dit aussi le N° 1 celui qui va le plus en avant pour les manœuvres de voiles notamment).

    Quant a moi, Yves pas de soucis,  juste des maux de tête, dû à mon problème de cervicales, vite contrôlés par des cachés d’aspirine ou de zaldiar, mais sans en faire une cure, je suis réfractaire à toutes ces « Poutraingues » comme Jeanne ma grand-mère, qui est toujours dans mes pensées. (Poutraingues, terme languedocien pour dire remède d’origine non naturelle au premier chef.)

    A trois opérationnels, à bord d’Exocet on peut prendre tous le repos dont on a besoin, si les conditions ne sont pas scabreuses, ce qui n’a été le cas que sur une vingtaine d’heures. Par conséquent nous étions tous à 200 % de notre potentiel.

    La traversée vers les Antilles 12 

    En trois : Le bateau. La je suis réellement content, car tous les problèmes que nous avons eu, ont trouvé une solution, avec les moyens du bord, le bateau était tout autant capable de naviguer à l’arrivée qu’au départ. Avec les réparations que nous avons effectuées, définitives ou provisoires.

    Les voiles ont bien soufferts mais cela je m’y attendais, elles ne sont pas jeunes,  mais elles ont fait leur « taff ». (Leur travail).

    Le moteur n’a jamais rechigné à être sollicité,  juste des mauvais contacts au niveau du tableau de commande.

    L’énergie comme envisagé, il nous fallait faire du courant avec le moteur, mais les modifications apportées à la charge par l’alternateur ont pleinement jouées leurs rôles.

    Le pilote dans un premier temps nous l’avons utilisé avec le vérin hydraulique, puis ensuite avec l’unité électrique un peu moins gourmande en énergie. Mais nous n’avons pris la barre à tour de rôle que quand les conditions de mer et de vent devenant compliquées, le pilote était moins performant qu’un bon barreur dans ces conditions, sachant anticiper sur la vague suivante de manière à placer le bateau au mieux, le confort y gagnait beaucoup, mais cela représente que quelques heures,  surement pas plus d’une quinzaine en tout et pour tout. Le reste  c’est le pilote qui l’a fait.

    La nourriture. Il y avait à bord d’Exocet vraiment le double de ce qui était nécessaire, nous n’avons manqué de rien, exception faite de viande car je n’avais pas confiance dans le congélateur aussi c’est la seule chose qui nous aurait fait plaisir, une bonne côte de bœuf. Mais l’Océan nous a gâtés en poissons excellents et abondants.

     Les boissons idem, la bière avait été embarqué généreusement, le vin avait été convoyé par les équipiers nous n’en n’avons pas consommé le quart. Le rhum était suffisant, seul le pastis est arrivé à épuisement, mais si nous avons fait des apéros au quotidien, nous n’avons pas abusé d’alcool.

     L’eau ne nous a pas manqué non plus, pour la boisson et la cuisine les bouteilles étaient bien à la hauteur des besoins. Pour les vaisselles, la toilette, l’eau des réservoirs a bien aussi suffi, nous avons fait 10 jours sur un des deux grands réservoirs, avant de basculer sur son jumeau, et pas touchés les deux autres plus petits. Nous avons consommé 50% du stock.

     

    La sécurité : chacun des équipiers avait à sa disposition, depuis son embarquement un gilet et un harnais. Les lignes de vie étaient en place bien évidemment. (Les lignes de vie, ceux sont des sangles qui courent de l’arrière du bateau jusqu'à l’avant. On peut y crocher les longes des harnais, et ainsi aller jusqu'à l’étrave, en étant assuré par cet ensemble, harnais ligne de vie.) La filière qui ferme l’arrière du bateau était en place dés le premier mille couru, puis elle a été enroulée prête à être remise sur la simple fermeture d’un mousqueton. Chacun était invité à prendre à son compte sa sécurité, à tous moments, sans attendre un ordre formel du Capitaine, qui dans l’hypothèse ne pourrait être discuté, mais cela ne c’est jamais produit. A une seule exception lorsque les conditions étaient fortes avec une Mer très grosse et des vagues à la limite déferlantes. De nuit la consigne était de ne pas sortir du cockpit si l’on était seul sur le pont.

    Les Mictions, « pipi » j’avais recommandé de ne pas prendre le risque de faire cela par-dessus bord. Je n’ai pas fait le gendarme, il y a eu quelques infractions, mais les conditions étaient malléables en ces moments. J’ai fermé les yeux, par pudeur, respect, et bienveillance. Moi personnellement je ne pratique la chose que dans le cabinet de toilette, il faut bien entendu se défaire plus de ses vêtements, car interdiction dans un bateau d’uriner comme dans une vespasienne, car à tous coups les cloisons seraient arrosées copieusement avec les mouvements du bateau. Homme ou femme c’est assis que la chose se pratique. Et comme l’eau pour le rinçage est en abondance ne pas mollir sur la pompe il n’y a ainsi pas de mauvaises odeurs à bord, le confort de tous s’y retrouve. Une alternative est possible pour nous les hommes, c’est l’emploi d’une « pissotte » comme l’appelait mon ami Guy. Un réceptacle, boite de conserve, bouteille de plastique amputée de son goulot, ou autre dans lequel uriner, une fois opération terminée, vider par-dessus bord, sous le vent si possible. Seul ceux qui on franchit le Cap Horn sont autorisés à pisser ou cracher au vent. Femme, s’il y a femme a bord, ce qui ne se produit pas dans la majorité des cas, surtout pour les traversées transocéaniques, l’usage du seau remplace à merveille la Pissote dans laquelle les mâles peuvent introduire leur appendice « urinatoire », il suffit que les hommes de veille sur le pont à ce moment est la nécessité d’aller voir la carte, se faire un café, boire un verre d’eau, enfin n’importe quoi, qui laisse l’équipière allergique à l’enfermement dans les toilettes faire ce geste de soulagement bien naturel en toute intimité.

     

    L’intendance à bord d’Exocet était ouverte à tous en tous moments, les boissons dans le frigo, à disposition de tous, à tous instants. Didier avec son appétit, n’a pas laissé passer les heures sans aller préparer un assortiment de cochonnaille, qu’il nous proposait de partager, puis de temps en temps, c’est improvisé en maitre queue. Pierrot lui, se précipitait pour mettre de l’ordre dans les bacs de la plonge, dés la fin d’un repas, d’un gouter, d’un apéro. Il s’emparait de l’éponge et mettait au clair les instruments, casseroles, assiettes, et couverts. J’avais donné cette consigne, de ne pas laisser attendre dans les éviers de la vaisselle, elle a toujours été respectée, sans que je n’ai à revenir sur l’instruction. Je passais un peu derrière pour que les choses soit à mon gout, mais je ne peux faire de grief, à aucun de nous pour le respect de cette consigne. Exocet n’a jamais ressemblé à une Cuisine de vieux célibataire.

     

    Sur un bateau il y a une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place.

     

    Je joins à ce document que je ne sais comment illustrer deux tableaux.

    Un sur les positions d’Exocet tous les jours à 13 heures Temps Universel. Ceux qui veulent s’amuser à pointer sur une carte les points auront la possibilité de visualiser notre route.

    Le second, les performances d’Exocet par tranche de 24 heures.

     

    Cela n’est pas réservé aux connaisseurs mais une approche de la navigation aide bien à sa compréhension.

     

    J’ai ouvert à mes équipiers la possibilité de faire un commentaire en trois mots, trois lignes, trois pages. Puis ai fait la même demande à la gente féminine impliquée au travers de leur compagnon à cette aventure. Je n’ai pas eu un grand succès mais je vous livre les textes tel quel.

     

                    Pierrot :

    Cela fait plaisir de voir que, sans trop d'effort nous avons passé des jours excellents,  que 16 jours passent très vites. Il faut avouer que nous étions dans la bonne route. Ce fut une expérience magnifique, ou j'ai pu me découvrir. Quand a l'ambiance des trois marins que le climat des plus agréables nous faisait penser aux vacances d'été. La Dorade quels souvenirs, sans oublier notre copain « Le Puffin ». Donc il reste des supers souvenirs de superbes Photos.

     

      Régine :

    Comment le mousse a vécu la traversée.

    Le jour J (Lundi 3 décembre) le capitaine m’appelle pour me dire que le départ est pour aujourd’hui.

    Le mousse lui fait ses recommandations d’usage, (nous les filles cela nous rassurent) mais les marins nous écoutent, mais pour eux, c’est un peu barbant……..

    Dans l’après midi le téléphone sonne à nouveau, Yves me disant nous sommes partis. Il leur faudra faire 2300 milles pour rejoindre la Martinique, moi qui au bout de 250 milles languit d’arriver, cela me parait surréaliste ….

    J’imagine la joie de mon Capitaine qui attendait cet instant depuis bien des années, il devait être tout excité.

    Vers 23 h Sandrine m’appelle elle venait d’avoir Didier au téléphone et tout allait  bien, c’était le dernier appel SFR FREE et les autres opérateurs n’ont pas encore de relai au milieu de l’océan, il nous restera que l’iridium (Vous savez cet appareil qui a tendance à faire râler Yves).

    Nous voilà nous les filles, Sylvie, Sandrine, et le Mousse sans nos hommes et pour combien de temps……Il faut vous dire que Sylvie dés qu’elle est loin de Pierre, elle a très vite le cafard, aussi tous les matins, je lui faisais un texto, pour savoir comment elle avait passé la nuit, puis elle partait travailler au caveau de Beauvoisin.

    Sandrine, elle était bien prise par son boulot la journée, la nuit souvent dérangée par Havana (une petite chienne de quelques mois).

    Lorsque un texto arrivait, et pour cela nous avons été gâtées, nous nous le faisions suivre et chacune le répercutait à nos familles.

    Le webmaster Sébastien, lui alimentait le blog, pour que tous nos lecteurs, restés à terre, puissent suivre l’avance d’Exocet et de son équipage

    Nos météorologistes, Nadine et Guy, étaient très présents pour leur bulletin météo, c’était très rassurant pour moi, (Ah ! voila des amis sur qui l’on peut compter) Un grand merci encore.

    Quand le Mousse recevez un texto, j’avais la position du bateau, un mot sur l’équipage et des petits mots qui nous les filles nous font plaisir. J’allais sur l ordinateur, je positionner la latitude, la longitude, de jours en jours un trait se formait, je voyais leur progression, j’utilisais aussi les petits outils en haut de mon écran, en zoomant je trouvais le trait plus grand, cela me faisait encore plus plaisir, c’était bon pour le moral (Il faut vous dire que je m’étais bien entrainée pendant la traversée en solitaire de mon capitaine, Canaries Cap vert) J’étais au top.

    Les jours s’égrainaient ainsi, j’ai eu beaucoup de coups de téléphone de la famille, des amies et amis, des copains, de maman, qui déjà bien fatiguée, me demandait chaque matin : « Mais où est ton Yves ».Merci à tous.

    Un jour nous recevons un texto : « Mer forte, pluie, vent, nuit noire, avons passé la nuit tous les Trois sur le pont », là je me suis dit que dans la bouche du Capitaine ce ne devait pas être un moment agréable (moi qui aime tant la lune en navigation elle nous éclaire, nous tient compagnie) eux ils avaient que du gros temps, figurez vous que j’ai appris que Pierre avait vu à l’anémomètre 52 Nœuds, le Capitaine n’en parle pas dans son blog.

    Puis le soleil est revenu, Sylvie les imaginait comme des cormorans, ailes déployées, entrain de se faire sécher au soleil, quelle belle image !

    Puis ce fut la calmasse, le manque de carburant aller se faire sentir

    Une fois de plus je téléphone à Nadine et à Guy, qui me rassurent en disant que le vent devrait rentrer.

    Puis l’arrivée se faisant proche, vous savez le trait sur l ordinateur s’allongeait de jour en jour, l’on voyait la Martinique toute proche, cela me faisait plaisir

    Le téléphone sonna le mercredi 19 décembre, c’était mon Capitaine qui m’annonçait leur arrivée toute proche, après 16 jours de Mer. J’imaginais sa joie, sa fierté d’être arrivé au bout de son rêve, de son idéal.

    L’ancre fut jetée à Sainte Anne où tant de fois nous y étions allés sans notre Exocet.

                                                

    Un très grand merci à Pierre et à Didier d’avoir accompagné Yves dans cette aventure pour cette traversée.

    Ah ! Oui mon capitaine un Mousse comme moi c’est une grande éponge qui absorbe, absorbe, puis elle aime se presser contre ton épaule, là tout se fige, bref c’est le bonheur.

    La traversée vers les Antilles 12 

     

    Fin d’un récit, mais pas la fin de l’aventure D’Exocet.

     


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    La traversée vers les Antilles.

    Le canal de sainte Lucie en vue.

     

    Nous sommes donc le mercredi 19 décembre 2012 : Si tout se passe normalement, ce soir nous dormirons sans rôle de quart, bien tranquille au mouillage de Sainte Anne, mais, ne vendons pas la peau de l’ours avant de ne l’avoir tué.

    Le vent a un peu molli en milieu de nuit, actuellement à 6 heures TU l’anémomètre annonce 10 Nds. La vitesse d’Exocet sans ressent pour un demi nœud, nous filons 5,5 Nds c’est bien quand même. Au environ du passage à ce jour nouveau, le décompte a perdu ses centaines il ne nous reste que, je peux maintenant dire « que » 65 milles à parcourir. Nous avons fêtés modestement le « Père cent », pour ce qui on fait le service militaire ils savent ce que cela signifie, pour les autres c’est le jour où le décompte des jours restant à franchi le centième jour et que  dés le lendemain au matin on dirait à qui veut l’entendre : « 99 au jus ». (Nous c’est les milles qui se décomptent).

    Après ce sera la Quille, la fin du service, la liberté enfin retrouvée pour les troufions. A ce propos connaissez vous le pourquoi de ce terme de « la Quille » oui, non, alors en quelques mots voila l’origine :

    La Quille était le nom d’un bateau, voila le lien, mais ce bateau avait la mission, de relier la Métropole, avec les bagnes de la Guyane notamment. Il y transportait les condamnés au bagne, à la réclusion, aux travaux forcés, mais aussi à son retour, ramenait ceux qui avaient fini leur peine, et qui étaient autorisés à un retour à la patrie, ce qui n’était pas le cas de tous loin s’en faut. Aussi ceux qui attendaient « la Quille » en étaient heureux et l’arrivée de ce bateau a ainsi pris cette valeur de retour à la vie, à la liberté, à la fin d’une période où l’on est reclus. Bon pour nous la réclusion n’a pas durée des années ni des mois, juste deux semaines et deux jours, et ce n’était pas le bagne à bord d’Exocet, c’est pour cela que nous l’avons discrètement fêté ce Père cent.

     

    Le Spi serait bien utile avec ce petit air qui nous poussent, mais de nuit je ne veux pas pour quelques minutes de gagnées, bousculer mes équipiers et sagement j’attendrais le jour revenu pour dire : tout le monde sur le pont, paré à manœuvrer, pour l’envoi du spi paré à tous les postes. Bon oui cela ne sais pas passer avec cette autorité militaire, mais plus simplement : "les gars on envoie le spi, d’accord ?"

      

    11 h 30 TU, le spi est en haut, une voix féminine sort du haut parleur de la VHF, les moustaches de Pierrot en frémissent, en le faisant sortir brutalement de ces songes. Didier et moi Yves nous le chahutons à ce sujet. Le vent a encore molli, c’est 8 Nds qui sont affichés. La vitesse d’Exocet est juste un peu au dessus de 5 Nds. Mais il ne nous reste que 37 milles à courir, La Martinique est la maintenant visible ou au moins on la devine, Terre, Terre droit devant.

      

    13 H.      Point. A 384 Heures de Mer soit 16 jours et 0 heure :

                    Pos :      14°25’ 71 N         60° 21’ 86 W

                    Distance parcourue :     144 milles en 24 H

    Distance parcourue :     2137 milles du Cap Vert, de Praia.

                    Moyenne / 24 H :            6 Nds   

                    Moyenne cumulée :      5,56 Nds

    Distance de l’objectif :  29,5 milles. (Le Waypoint au sud ilot Cabrits)

    Distance du mouillage : 34,2 milles. (Devant Sainte Anne)

    Estimation d’arrivée :    5 h 30 pour le passage au Waypoint, soit 18 heures 30 environ, et 19 heures 30 pour le mouillage, en heure locale cela fait 14 et 15 heures 30. Superbe en plein milieu de journée.

     

    Le vent est à 8 Nds, la Mer belle, la visibilité bonne, le baromètre annonce 1011 Mb, Exocet file 5 Nds au cap 260°. Sous Spi et grand voile haute.

    Elle est belle cette arrivée non ?

      

    16 heures, le vent chute encore 7 Nds s’affiche,  nous filons encore 5 Nds, la Martinique se laisse mieux découvrir, la Grand voile claque bruyamment dans ce petit air pas suffisant pour la tenir bien appuyée. Aussi nous prenons les deux ris, elle sera bridée ainsi. Plus que 13,3 milles.

     

    16 heures 40 un Barracuda arrive à bord, 1 Kg 300, Bienvenue le poisson. Comment tu t’appelles ? Ton papa et ta maman sont ici ? Tu n’a pas la Ciguaterra au moins ! Bon on t’invite à notre table ce soir d’accord.

    La Ciguaterra : explications les petits poissons qui broutent les algues sur les Coraux absorbent une toxine, la Ciguaterra, dangereuse pour les humains. Les petits poissons sont mangés par de plus gros  et de plus gros en plus gros la toxine  se concentre pour rendre la consommation risquée, pas de moyen de savoir si le poisson pris, comporte un risque à le consommer. Il n’a pas l’air malade du tout lui en tous les cas.

      

    18 heures passage au sud de l’ilot Cabrits, je lofe un peu, Exocet s’appuie sur son bordé, le tangon est un peu débrasé, l’écoute elle est reprise de quelques longueurs, la grand voile porte mieux, le bateau accélère, les odeurs de la terre nous arrive aux narines un mélange de prairie, de celle que l’on voit où pâturent des vaches couleurs crème, des marécages qui bordent par endroit cette côte, la juste par derrière des Palétuviers. Et du rivage avec ses algues en décomposition. 

    Nous sommes vigilants à regarder la Mer devant notre étrave car depuis que les profondeurs d’eau ne sont plus le grand bleues, les pêcheurs locaux immergent des casiers, des nasses, des filets aussi, mais plus rarement. Mais tout cela n’est balisé que par des bouteilles d’eau minérale transparente de surcroit, aussi elles ne se laissent voir qu’au dernier moment, et il y en a plus sur quelques dizaines de mètres, que ceux que nous avons eux d’obstacles sur toute la traversée de l’Océan. Ces incontournables, ces dangers avec des cordes à fleur d’eau pour nos hélices, nos safrans sont présents de partout tout au tour de l’île, ou des îles car ce n’est pas propre à la Martinique. Il faut faire avec.

     

    Exocet continue de faire la remontée de la pointe Sud de Madinina autre nom de la Martinique le Spi doit être de retour sur le pont, le Génois prendra brièvement la relève  la grand voile sera bordée en harmonie avec la route et le vent qui nous parait plus fort maintenant que nous le recevons par le travers du bateau on enregistre sa véritable vélocité, le vent réel.

    Nous sommes contents de cette arrivée, mais pas d’effervescence exagérée, nous arrivons d’une transat comme si nous arrivions d’un tour dans la baie d’Aigues Mortes, à l’issue d’une balade de quelques milles. Nous sommes au niveau de la pointe Dunkerque, le dernier cap à laisser sur tribord à bonne distance de la côte. Cap plein Nord et nous pouvons commencer à mettre de l’Est dans notre route. Devant nous une forêt de mâts devant Sainte Anne.

     

    C’est là à 19 heures 40, que Exocet est mouillé dans 4 mètres d’eau cristalline, chaude, attirante.

    Le pont est propre les manœuvres rangées la Grand voile ferlée le génois roulé.

     

     Exocet est arrivé !

    Ma gorge se serre à relater ce moment, mais pas de chagrin, de bonheur, de satisfaction, de contentement, c’est là que j’avais il y a des années dit en regardant le rocher du diamant dans le lointain :

     « Je viendrais ici un jour avec mon bateau », mon bateau que je n’avais pas encore, l’Exocet de l’époque ne faisait que 7,20 mètres de long, bien insuffisant pour le programme que je souhaitais faire ici.

    Mon Exocet de maintenant, qui sera très surement mon dernier bateau, est là ou je voulais qu'il m’emmène, ou le contraire, il est là où je l’ai amené. La fin d’un rêve…. ! Non le début seulement.

    Merci Exocet tu as pris soin de moi, soin de nous, nous prenons soin de toi, je prendrais toujours soin de toi.

    Merci à mes équipiers, mes amis, qui ont pris ce rôle à cœur sans aucune réserve. Se donnant à 100% dans l’aventure.

    Merci à l’équipe de soutien à terre nos épouses, nos compagnes, Régine, Sylvie, Sandrine, et à  nos familles respectives.

    Merci à Guy et Nadine pour leur aide durant la traversée à l’analyse des conditions météo.

     

    Merci aussi à Sébastien notre Webmaster qui a tenu pour tous un lien entre le bateau et tous les amis lecteurs de ce blog.

     

    Beaucoup de merci donc, mais aussi des excuses que je me dois de faire, à tous et toutes, que cette aventure humaine a contrariée dans leur quotidien, les privant de l’affection, du soutien, de la présence effective de l’un de nous.

     

    Celui qui aime la mer aime la vie.

     

     

    Il est des joies qui tirent plus de larmes

    que les peines et les chagrins.

      


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