• 15. La côte de ventdanlpif

     

    15. La côte de ventdanlpif

    La Costa Del sol (suite)


     

    Ventdanlpif, ou bien vent de face vous allez comprendre.

    En effet le lendemain après une nuit très tranquille dans ce mouillage pas très grand mais avec plait ore  de petits bateaux sur Corps morts, ce qui signifie généralement que l’abri est bon. J’aurais bien aimé aller plus à l’intérieur de cette cala mais les places étaient prises par cette flottille de Zodiac, barquette en tous genres, et autres dinghy. Je mouille donc Exocet par 12 mètres de fond en avant du chenal qui permet l’accès à la plage et à un bout du quai de béton sur lequel s’entasse des filets de pêcheurs, des cassiers,  et autre bric à brac.

    La Mer reste calme toute la nuit, cela me permet de passer confortablement les heures d’obscurité. Au matin pas un souffle d’air et la météo a prévu que de légères brises. Ce serait une journée de moteur assurée aussi je décide de rester un jour sur place. Je vais à terre pour faire un tour de reconnaissance de cette petite bourgade. Dans un bar, je commande un café pour pouvoir prendre le code de leur Wifi, ce qui me permet depuis le bateau d’être connecté cela occupe bien la journée qui passe ainsi entrecouper de moment sur le pont, dans le cockpit à l’ombre du taud qui protège du soleil la terrasse du bateau. La bière bien fraiche, les doigts de pied en éventail elle n’est pas belle la vie ?

    15. La côte de ventdanlpif

    Deuxième nuit identique à la première tranquille mais un peu humide il y a du brouillard au levé du jour et le pont est détrempé, je passe la vadrouille pour éponger toute cette eau, ce qui nettoie le pont et évite l’effet frigo lorsque cette eau s’évapore sous les rayons du soleil matinal. Je ne vais pas rester un jour entier encore en cet endroit tout de même, alors en route pour plus loin, j’ai envi de faire halte à Almería  distant de 70 milles, je ne vais pas faire 12 heures de moteur tout de même ! Je trouverais bien un abri pour couper cette route en deux. Alors moteur, remonter l’ancre, et en route. A quelque distance de la, la Mer se ride, la brise se lève, mais voila en plein dans la direction de ma route je ne vais pas faire du louvoyage dans ce petit air je n’avancerais pas, la brise est maintenant une jolie brise 10 à 12 Nds, mais toujours dans la pipe, toujours de face, à 14 h je repère une plage qui m’a l’air bien tranquille je vais y jeter l’ancre pour un moment et plus si affinité comme l’on dit en d’autres circonstances.

    15. La côte de ventdanlpif

    Playa de los Muertos ce n’est pas engageant comme nom mais pas de mort, pas de meurtre, pas de cadavre, les corps qui sont allongés sur la plage immobiles sont bien vivants ils se lèvent vont faire trempette avant de se rallonger sur les draps de bain qui donnent des taches de couleur à la grande plage qu’ils occupent. Je passe l’après midi en cet endroit mais la houle fait un peu rouler Exocet, je crains que la nuit ne soit pas confortable ici alors je me remets en route pour plus loin sans savoir trop pour où, il me manque à bord un guide de croisière pour cette côte. J’avais bien tenté de trouver ça à Alicante mais sans succès. Je ne fais que le tour du cap suivant pour trouver une cala bien encombrée d’une armada de canots en tous genres, aussi je vais aller plonger dans l’abime les 20 Kg de l’ancre et 30 mètres de chaine, pour fixer Exocet au milieu de la cala pour la nuit. Cet endroit porte le nom de Cala de Agua Amarga. Le fond est constitué de gros blocs de roche entre lequel, la posidonie est bien installée, bien vigoureuse, c’est un peu rouleur mais sans être inconfortable alors j’y passe la nuit.

      

    15. La côte de ventdanlpif

      

    7 h 45 lundi 9 juillet 2012.Départ pour Almería c’est dit on y va. La Mer est un miroir, une peau de bébé, pas une ride, pas un souffle d’air. Le moteur ronronne jusqu'à 10 h puis je déroule le génois mais le moteur fonctionne encore par besoin et non par plaisir. Un moment plus tard à l’approche du Cabo de Gata je coupe le moteur l’anémomètre m’annonce 14 Nds de vent qui me pousse, à enfin nous allons faire du Yachting !!! Mais passé  le cap le vent a disparu on appelle ce phénomène l’effet de cap. Bien souvent lorsque l’on franchit  un cap le vent y est différent d’un côte à l’autre, plus fort lorsque le vent est bien établi, la Mer y est plus dure, d’où l’expression franchir un cap. Une fois encore le Perkins entrainera l’hélice du bateau qui poussera les dix tonnes de mon (Home sweet home). Le vent revient je fonctionne à voile, 1 h 30 de silence pas de vibration le plaisir de la voile est là, Exocet ne va pas vite mais il va a son  allure je suis bien à bord en communion avec la Mer, avec le vent.

    Almeria est là devant moi, Mais je suis dessus, c’est terne triste, un grand bassin pour le commerce un coin tout riquiqui pour la plaisance avec un club house défraichi. Des barbelés de droite et de gauche des structures industrielles à l’abandon le mouillage est possible entre un ancien wharf délabré et la digue du bassin pour la plaisance il y a du ressac des fonds de 15 mètres surement infestés  de débris en tous genres, câbles, aussières, ferraille, berk !!! Je tourne les talons et vais tenter ma chance plus loin. Plus loin ce sera devant la plage d’Aguadulce la station balnéaire par toutes les facettes, Beaux hôtels résidences avec palmiers, piscine, gazon rasé de frais. Belle promenade de bord de Mer, joliment pavée. Sable fin ou pousse les transats, les parasols. Douche de plage, platelage de bois pour traverser le sable brûlant sous les rayons du soleil estival. Des bistros de plage où les vacanciers sirotent leur bière ou grignotent des papas à l’ombre de grandes tentures ou sous des toits de chaume ou de paille. Exocet est seul devant un bon Km de plage, seul des scooters des Mer viennent faire les pitres en tournant autour du bateau cela est coutumier s’ il y a une bouée, un ponton, un rocher, une perche plantée dans l’eau les gens sont attirés et que ce soit en nageant, en pédalos, en kayak, scooter ou autre ils viennent faire le tour de cette chose qui coupe l’horizon. Je fais pareil de mon côté alors je ne vais pas couvrir d’insulte cette faune qui vient créer le trouble autour de mon havre de paix.

      

    15. La côte de ventdanlpif

      

    Que la nuit fut douce devant Aguadulce. Mais ce n’est pas une raison pour flemmarder bien au contraire le vent se lève en fin de matinée dans l’axe de ma route alors il est mieux de partir de bonne heure pour faire la route avant d’avoir 15 Nds de vent dans la pipe. Il est 5 h et je ne dors plus alors je vais faire avancer l’embarcation. 5 h 20 je suis en route objectif : trouver un mouillage entre Almería qui est à pas 10 milles de là, et Malaga que j’ai mis à mon programme. Broum broum toute la matinée 12 h 30 halte à Castel de Ferro charmant mais inconfortable j’en repars 1 h plus tard le vent c’est bien établi maintenant 20, 22, 25 Nds dans la pipe la Mer qui commence à être dure de vagues courtes qui font taper le bateau. Je recherche la puissance du moteur à mettre

     en œuvre pour avancer sans faire souffrir la machine ni fatiguer le bateau je trouve la solution à 2200 tours minute mais des vagues vicieuses me contrarient, frappent sur la coque, éclaboussent d’embruns le pont et sans gêne si le capitaine sort son nez de derrière la capote il se fait rincer le museau. A 17 heures  je trouve un semblant d’abri  je fais halte, ouf  est le commentaire sur le livre de bord. L’endroit se nomme Playa de la Herradura, cela fait remonter les souvenirs, entre le continent sud Américain et les îles du Venezuela  il y un ilot qui s’appelle également Herradura  nous y avions fait une bonne escale avec Maurdane le bateau de Maurice, Momo pour les intimes et Danielle d’où Maur Dane : Maurdane qui lui aussi est parti de Port Camargue pour vagabonder au Antilles 10 ans durant. Puis est revenu pour boucler la boucle.

    15. La côte de ventdanlpif

    Herradura sera pour moi ( aire dure tu verras) la nuit un enfer le bateau ne trouve pas le repos, roule, tangue, vibre sur la houle que le vent a levé, mais qui est encore là alors que le vent lui est bien tombé. Aussi, à 4 h ne dormant plus si j’ai vraiment dormi  cette nuit là, je vais me mettre en route le vent apparent est à 10 Nds dans le pif ça va. 7 h 30 15 Nds est Mer formée, ça  va  encore. 8 h 30, 18 Nds Mer déformée vagues courtes et serrées, ça va moins bien. 9 h 26, 28 Nds les crêtes des vagues sont blanches d’écume. Il est 9 h 30 l’anémomètre affiche 36, 40 Nds mais la Mer est plus sage la côte est en vue au vent. 11 h 30 Exocet est aux amarres dans le port de Malaga contre un grand quai qui n’est pas fait pour lui mais il s’y trouve fort bien. Les bouts sont rangés, le bateau présentable, le skipper peut se désaltérer, dur dur mais je vous l’ai bien dit cette côte c’est ventdanlpif.

     


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