• 11 Majorque Première partie

      

    Chapitre 11

    Majorque Première partie


     

    Poto Soller sur la côte Nord-ouest est une vaste baie presque complètement refermée  aussi depuis la plus lointaine histoire de la navigation les hommes ont utilisé cet abri pour leurs bateaux et jusqu'à maintenant cela ne s’est pas démenti. La vie donc avait toute les raisons d’y prospérer d’autant qu’une belle vallée fertile s’étant dans l’arrière pays. La pêche n’était pas la seule activité locale les cultures maraichères étaient importantes mais aussi les cultures d’oranges et de citrons approvisionnaient jusqu’en France les villes continentales avec des voiliers de moyennes importances qui trouvaient dans cette rade la sécurité. Cela donna beaucoup de richesse à la contrée mais la ville qui en a bénéficié, Soller se trouve un peu à l’intérieur des terres. Belle ville riche avec des maisons cossues de négociants. Pour transporter jusqu’aux embarcadères les récoltes une voie ferrée à été mise en place elle acheminait également les travailleurs et encore de nos jours, ce train ou tramway fonctionne pour faire la liaison Poto Soller, Soller. Il fonctionne électriquement et les rames ne manquent pas de charme. Les touristes du monde entier en sont les principaux utilisateurs et du matin 8 heures à la cadence de 30 minutes jusqu’au soir 20 heures on voit passer selon les besoins une, deux ou mêmes trois rames qui se suivent car c’est une voie unique qui relie les terminus. Celui de la ville est contigu de la gare de chemin de fer et de son train qui lui escalade les montagnes ou passe par leur travers en de multiple tunnels pour relier Palma la capitale de l’ile par une voie unique également mais la c’est la vapeur qui était la force motrice remplacée par le diésel maintenant.

    Il fallait bien assurer la sécurité de ce commerce et des habitants aussi les militaires ont pris quartier et y sont encore de nos jours même si l’activité à bien diminuée et les casernements n’ont pas tous été conservés. Mais le matin à 8 heures en prêtant une oreille attentive j’ai entendu l’hymne Espagnol et observé deux personnes une effectuant la levée des couleurs, et la deuxième au garde à vous saluant respectueusement. Le soir même cérémonial à 20 heures. Dans la journée je n’ai pas observé de mouvements ni d’activité mais les militaires sont là et une partie de la baie leur est attribuée elle est interdite à toutes autres personnes ou bateaux des indications le signale sans ambiguïté

    Un port de plaisance à été construit récemment, il n’était pas présent il y a 10 ans lorsque j’y avais fait escale à bord de Vamos le bateau de mon regretté copain, Patrick qui était en partance pour les Antilles comme Exocet 10 ans plus tard. Patrick voyage un peu avec moi par l’intermédiaire d’une photo de lui qui est à bord et que j’avais emporté pour le retour de Vamos en compagnie de Guy il y a deux ans. Ce port donc comme tous les ports apportent tous les services aux bateaux en escale et pour ceux qui y sont à demeure. Eau, électricité les sanitaires le carburant et la wifi quant elle fonctionne. Le quai qui borde la marina n’est que restaurants, bistros, magasins de souvenirs en tous genres. Ce n’est plus les agrumes qui font vivre la ville ce sont les touristes qui y arrivent par vagues toutes les trente minutes.

    Nous sommes restés à Porto Soller que l’on se doit de prononcer ( sohier ) ou quelque chose d’approchant, jusqu’au dimanche, trois jours entiers, 72 heures pour en profiter et en abuser. Puis nous mettons les voiles au figuré, car il n’y a pas de vent, c’est le ( Pére Kins) Perkins la marque du moteur d’Exocet qui est chargé de nous faire parcourir les quelques milles qui nous séparent de notre étape de mi journée prévue, La Colobra.

    La Colobra est un cite très impressionnent vue de la Mer il semble que l’on se dirige directement sur les impressionnantes falaises qui sont typiques de cette côte mais là, il est possible de mouillé son bateau par conditions de Mer clémente car sans cela ce n’est pas tenable le ressac, le fracas des vagues, qui piégées viennent se fracasser contre les parois abruptes, dans un bruit d’apocalypse à faire fuir les loups de Mer les plus expérimentés. Nous sommes un bon jour pour y faire escale, aussi nous débarquons pour remonter le lit du torrent de Pareis qui n’est accessible que par Mer ou par deux tunnels creusés pour les visiteurs terrestre mais piétons uniquement. Les premières centaines de mètres se font sans difficulté un lit de galets avec de ci de là de gros rochers mais une promenade en quelque sorte, de ci de la un trou d’eau avec parfois des poissons prisonniers, une végétation éparse par endroit c’est grandiose puis le goulet se referme soudainement les rochers s’y sont agglutinés et leur franchissement est difficile, Régine à des chaussures de plage glissantes et moi des chaussures de pont lisse comme la peau d’un bébé. Il ne faudra pas insister et nous rebroussons chemin. Nous empruntons le premier tunnel de notre coté pour arriver sur un promontoire d’où l’on domine Exocet. C’est bien fait la roche est creusée en suivant une faille naturelle le sol est fait de dalles de pierres comme des lauzes à opus-insertum jointoyer avec application un éclairage au sol guide vos pas et des spots éclairent la voûte qui parfois est très haute. Un spectacle en quelque sorte.

    Nous repartirons pour l’escale du soir qui est Pollensa alors que la brise se lève, belle occasion pour mettre les voiles au propre maintenant. Là Grand voile est hissée, le génois déroulé, et Exocet taille sa route fièrement, allégrement, majestueusement. Mais pas exactement dans la direction que l’on souhaiterait. Un grand bord nous emmène au large, et puis lorsque nous virons de bord pour avoir le vent sur l’autre côté du bateau on ne revient pas d’où l’on vient mais en trois heures  Nous n’avons avancé sur la route directe que de trois milles nautiques soit 3 fois 1852 mètres = 5556 mètres soit 5 Km,5 en trois heures à faire pleurer ! Régine ne comprend pas ce qui se passe les explications sont vaines, le moteur encore lui fera le reste du chemin. Moi qui me régalait de faire du pré en régate pour tirer le meilleur parti des voiles et des réglages qu’avec minutie ont appliqué me voila avec un gros pépère qui ne veut pas remonter au vent et que d’un bord sur l’autre affiche 100 à 110° sans prendre en compte le courant et la dérive le résultat est consternant.

    Le pré en bateau c’est deux fois la route et trois fois la peine ; c’est le dicton du jour.

     

    Nous arriverons cependant à Pollensa bien avant la nuit et trouverons la place d’Exocet parmi des dizaines  de bateaux de toutes tailles, la zone de mouillage est immense bien protégée en partie par un bras de terre qui avance profondément dans la baie mais ce n’est pas profond et cela donne des angoisses lorsque l’on regarde le sondeur. Beaucoup de bateaux sont sur corps morts aussi il faut intégrer cette donnée pour calculer au plus juste le rayon d’évitage de tous ces bateaux sur ancres et corps morts.

    Ma proposition de faire un tour à terre est restée sans suite nous passerons la soirée à bord tranquillement. Au matin après une bonne nuit où le bateau a tourné son étrave sur le large puis sur la terre successivement déclenchant l’alarme qui surveille que le bateau ne s’écarte pas de la zone où il est lorsque cette alarme est mise en veille, mais la distance à laquelle je l’avais réglé été un peu trop petite par rapport à la zone d’évitage du bateau au bout de ses trente mètres de chaine plus la longueur du bateau l’antenne étant fixée en arrière cela fait 40 mètres par fond de trois mètres à multiplier par deux quand le bateau fait 180°pendant la nuit.

    Nous irons à terre avec notre annexe propulsée par son antique moteur mais bien fidèle. La ville de Pollensa se trouve à quelques Km à l’intérieur des terres et là nous ne sommes que dans un quartier, mais qui est très, pour pas dire énormément vivant, c’est un peu l’image de Porto Soller, mais en plus touristique encore, une magnifique promenade piétonne suit les plages du bord de Mer, les terrasses de restaurants de bars se succèdent  juste entrecoupés de ci de là par des commerces d’articles de plage et de souvenirs. Les touristes sont en grand nombre, nous parcourrons une bonne partie de cette promenade, puis nous prendrons la rue qui se trouve derrière et qui elle aussi est très commerçante, avec là cette fois les banques, les loueurs de voiture, les officines de voyage qui doivent être de celles qui envoient à la Colobra et à Poto Soller ces vagues de touristes.

    Nous profiterons de ce tour en ville pour acheter un peu de frais, dans un petit supermarcado, une superette chez nous, et nous retournerons à bord ou une bière bien fraiche sera la bien venue.

    Nous passerons l’après midi à bord tranquille, aérés par une bonne brise, qui fait plus que de rider le plan d’eau, ce sont des vaguelettes qui agitent en tous sens le mouillage, Régine se félicite que nous n’ayons pas à aller à terre, car sur l’annexe dans ces conditions c’est un peu la douche des éclaboussures que fait l’étrave qui fend le clapot.

    Nous repartirons de bonne heure le lendemain pour profiter du calme matinal sur la baie de Pollensa, par un temps bas, gris, pas des plus sympa même la visibilité n’est pas bonne mais tout de même suffisante pour naviguer, au moteur pour faire le tour d’une longue  langue de terre qui sépare les deux baies celle de Pollensa et celle d’Alcudia ou nous nous rendons. Nous y arriverons de bonne heure dans la matinée, débarquerons pour trouver une connexion internet, déposer des poubelles et faire un petit tour. Mais nous sommes surpris du contraste avec Pollensa, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, j’y étais venu une fois en escale courte lors d’une course de bateau, le triangle du soleil mais c’était il y a des lustres, un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre, j’ai rien reconnu ! Bon pour faire court le détour ne valait pas la peine d’être fait mais la peine est un grand mot.

    Avec cette escale d’Alcudia se termine la première partie de Majorque la suite traitera de la côte Est, la plus touristique et urbanisée de l’ile.


     


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